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Tome quatrieme.
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LIVRE ï I 1 . * CHAP. X. 65

les bras. Sur ces deux raisons, il fit du moins semblant de vouloir bien1 er mettre au nombre de ses Alliés. Aufil-tôt on lui amena des ota-ges ; on le fournit de bestiaux, on s’abandonna entièrement à lui íànsaucune précaution, fans aucune marque de défiance. Annibal de soncôté se livra tellement à leur bonne foi apparente, qu’il les prit pourguides dans les défilés qui restoient à franchir. 11s marchèrent donc àla tête pendant deux jours. Quand on fut entré dans un vallon, quide tous côtés étoit fermé par des rochers inaccessibles, ces perfides at-troupés vinrent fondre fur l’arriércgarde d’Annibal. Ce vallon eût fansdoute été le tombeau de toute f armée, íi le. Général Carthaginois, àqui il étoit resté quelque défiance,& qui s’étoit précautionné contre latrahison, n’eût mis à la tête les bagages avec la cavalerie, & les pesam-ment armés k la queue. Cette infanterie soutint ressort des ennemis,Sc fans elle la perte eût été beaucoup plus grande. Mais malgré ce se-cours il périt là grand nombre d’hommes, de chevaux Sc de bêtes decharge. Car ces Barbares, avançant fur les hauteurs à mesure que lesCarthaginois avançoient dans les bas, de là tantôt rouloient, tantôtjettoient de grosses pierres, qui répandirent tant de terreur parmi lestroupes, qu’Annibal fut obligé de se tenir pendant toute une nuit avecla moitié de son armée sur un rocher fort Sc découvert pour veiller à ladéfense des chevaux Sc des bêtes de charge; encore cette nuit fuffit-ellaa peine pour les faire défiler.

Le lendemain les ennemis s’étant retirés, il rejoignit ía cavalerie,Sc s’avança vers la cime des Alpes. Dans cette route il ne fe rencontra■plus de Barbares qui ^attaquassent en corps. Quelques pelotons feule-ment voltigeoient en quelques endroits, Sc fe présentant, tantôt à laqueue, tantôt à la tête» enlevaient quelques bagages. Les éléphanslui surent alors d’un grand secours. Cétoit assez qu’ils parussent pourefffaier les ennemis & les mettre en fuite. Après neuf jours de mar-che, il a.rriva enfin au sommet des montagnes. 11 y demeura deuxjours, tant pour faire prendre haleine à ceux qui étoient montés heu-reusement , que pour donner aux traîneurs le tems de joindre le gros.Pendant ce séjour, on fut agréablement surpris de voir paroître laplupart des chevaux Sc des bêtes de charge qui avoient été abattus■dans la route, Sc qui fur les traces de fáVmée étoient venus droitau camp.

Tome IV.

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