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HISTOIRE DE PGLYBE
CHAPITRE XI.
Annibal acheve âè passer les Alpes. Difficultés qu'fl eut à ejsuìer .Pourquoi jusqu ' 1 ici Polybe a omis certaines choses qui cependant pa*roijjòient ejjéntielles à VHistoire.
O
|N étoit alors fur la fin de l’Automne, & déja îa neige avoit cou-vert le sommet des montagnes. Les soldats consternés par leressentiment des maux qu’ils avoient soufferts, & ne se figurant qu’aveceffroi ceux qu’ils avoient encore à essuier, sembloient perdre courage.Annibal les assemble ; & comme du haut des Alpes, qui semblent êtrela citadelle de TItalie,Ton volt k découvert toutes ces vastes plaines quele Pô arrose de les eaux, il se servit dc- ce beau spectacle,- Tunique res-source qui lui restoit, pour remettre ses troupes de leur fraieur; Enmême tems ii leur montra du doigt où Rome étoit située, & leur rap-pella quelle étoit pour elles la bonne volonté des peuples, qui habitoientle païs qu’elles avoient fous les yeux. Le lendemain il léve le camp, &commence à descendre.
Difficulté* A la vérité, hors quelques voleurs qui s’étoient embusqués, il n’cutatóiïier. point là d'ennemis k repousser: mais l'apreté des lieux Sc la neige lui-firent perdre presqiTáutant de monde qu’il en avoit perdu en montant.La descente étoit étroite,. roide & couverte de neige. Pour peu queTon manquât le vrai chemin. Ton tomboit dans des précipices affreux.Cependant le soldat endurci k ces sortes d’accidens, soutint encore cou-rageusement celui-ci. Enfin Ton arrive k certain défilé qui s’étend à lalongueur d'un stade & demi,«Sc que les éléphans ni les bêtes de chargene pouvoient franchir. Outre que le sentier étoit trop étroit, le pen-chant déja rapide auparavant, Tétoit encore devenu davantage depuis
Î >eu par un nouvel éboulement des terres.- Ce fut alors que les troupesùrent saisies de fraieur ,& que le courage commença de leur manquer.La première pensée qui vint k Annibal, fut d’éviter le défilé par quel-que détour. Mais la neige ne lui permit pas d’en sortir. II y fut arrêtépar un incident particulier, «Sc qui est propre de ces montagnes. Surla neige de Thiver précédent, il en étoit tombé de nouvelle: celle-ci,étant molle «Sc peu profonde, se laissoit aisément ouvrir: mais quandelle eut été foulée, «Sc que Ton marcha fur celle de dessous, qui étoitferme «Sc qui réíiltoit, les pieds ne pouvant s’assurer, les soldats chan-celans faisoient presqu’autant de chûtes que de pas ; comme il arrivequand on met le pied fur un terrain couvert de glace. Cet accident enattiroit un autre plus fâcheux encore. Quand les soldats étoient tombés