Band 
Tome quatrieme.
Seite
69
JPEG-Download
 

LIVRE III. CITA P. Xf. 69

quelles les Auteurs qui- en ont écrit fort au long,ne font pas trop d'ac-cord entr’eux.

II est vrai, je n’ai rien dit fur toutes ces matières. Ce n’est pas que)v, les crusse étrangères à l’Histoire ; mais deux raisons m’ont détournéd’en parler. Premièrement, une narration interrompue par autant dedigressions qu’il se seroit présenté de sujets à traiter, eût été rebutante,óc'auroit écarté le Lecteur du but que je m’étois proposé. En se-cond lieu , il m’a paru que toutes ces curiosités valoient bien 1»peine qu’on les traitât exprès 6c en particulier. Le tems 6c l’occa--fion viendront d’en dire tout ce que nous avons pû en découvrir dcplus assuré.

Que l'on ne soit donc pas surpris dans la fuite, fi parlant de certainslieux nous n’entrons pas dans le détail de certaines circonstances. Vou-loir que par tout & à toute occasion, un Historien s’arrête à ces sortesde singularités, c’est ressembler à cette espèce de friands, qui portantîa main à tous les plats, ne savourent aucun morceau à loiíìr, 6c quipar cette diversité de mets nuisent plutôt à leur santé, qu’ils ne l’en-tretiennent 6c ne la fortifient, il en est de même de ceux qui n'ai-ment de l’Hiftoire, qu’autant qu’elle est parsemée de particularités dé-tachées du sujet principal. Ils n’ont pas le loisir d’en goûter aucunecomme élis doit être goûtée, 6c il ne leur en rc-íte rien dont ils puissentfaire usage.

II faut cependant convenir que de tsoutes les parties de l’Histoire iln’en est point qui ait plus besoin d’être traitée au long 6c avec quelqueexactitude, que ces particularités-lk mêmes que nous avons cru devoirremettre à un autre tems. Entre plusieurs exemples que je pourrois ci-ter, cri voici un qui ne souffre pas de répliqué. De tous les Historiensqui ont décrit la situation 6c les propriétés des lieux qui íont aux extré-mités de cette terre que nous habitons, il n’en est point où il y en atrès-peu qui' 11 e se soient souvent trompés. Or l’on ne doit épargneraucun de ces Historiens. II faut les réfuter tous non légèrement 6c enpassant, mais en leur opposant quelque chose de solide 6c de certain.On seroit cependant mal de les reprendre avec mépris 6c avec hauteur.

11 est juste, au contraire de les louer én corrigeant les fautes que le peude connoissance qu’ils avoient leur a fait commettre. Eux-mêmes, s’ilsrevenoient au monde, chkngeroient 6c redresseroient fur beaucoup depoints leurs propres ouvrages. Dans le tems qu’ils vivoient,il étoit rarede trouver des Grecs qui s’intéressassent beaucoup à l’étude des lieux quibornent la terre. 11 n’étoit pas même possible d’en acquérir la conncif-lance. On ne pouvoit alors se mettre sur mer fan? s’exposer'à une iínlinité de dangers. Les voiages fur terre étoient encore plus périlleux.Quelque nécessité, Ou quelque inclination qui vous conduisît'dans ceslieux , vous n’en reveniez, guéres plusinstruit. Comment examiner toutpar ses veux dans des endroits qui font tout-k-fait barbares, ost il-ne

1 3 -