7s HISTOIRE DE POLYBE,
régne qu’ime solitude affreuse, où vous ne pouvez tirer aucun éclaircis,sement de la part de ceux qui les habitent, & dont le langage vous c-ífcinconnu? Je veux que quelqu’un eut surmonté tous ces obstacles. Maiseût-il été assez raisonnable pour ne débiter pas des choses incroiables,pour se renfermer dans Pexacte vérité, pour ne raconter que ce qu’ilau-roit vû? On ne seroit donc pas équitable de relever avec aigreur desHistorienspour s’être quelquefois trompés ou pour avoir manqué denous donner, fur les extrémités de la terre, des lumières, qu’il n’étoitpas feulement difficile , mais même impossible qu’ils eussent eux-mêmes.Louons ces Auteurs, admirons les plutôt d’avoir été jusqu’à un certainpoint , & Je nous avoir aidés à faire de nouvelles découvertes. Maisaujourd'hui que par la conquête de l’Aíìe par Alexandre, L celle depreíque tout le reste du monde par les Romains, il n’eft point d’en-droit dans Punivers où Port ne puisse aller par mer ou par terre ; & quede grands hommes,: déchargés du foin des affaires publiques & ducommandement des armées, ont emploie les momens de loiíìr à cessortes de recherches ; il faut quê ce que nous en voulons dire soit beau-coup plus exact & plus assuré. C’èst de quoi nous tacherons aussi denous aquitter dans cet Ouvrage, lorsque Poccaíion s’en présentera, <Scnous prierons alors nos Lecteurs curieux de nous donner toute leur at-tention. J’ose dire que je m’en suis rendu digne par les fatigues que jeme fuis données, & par les dangers que f ai courus, en voiageant dansP Afrique, dans PEfpagne, dans les Gaules, & fur la mer extérieuredont tous ces païs font environnés, pour corriger les fautes que lesAnciens avoient faites dans la description de ces lieux, & pour en pro-curer aux Grecs la connoíssance. Mais fermons ici cette digression, &voions les combats qui se donnent en Italie entre les Romains &les Catthaginois.
OBSERVATIONS
Sur la marche (PAnnibal entre le Rhône les montagnes du T)anphî-né, & fa route à travers les Alpes jusqu'à fa descente dansTltalie,
J E n’entre dans l’examen & la description de cette fameuse marche d’Annibal, depuisson paflage du Rhône entre Avignon & Orange, & de là dans les Alpes qu’il tra-versa pour entrer dans Tltalie, qu’avec une connoiflance exacte & militaire desdifferenspaïs où il plait à plusieurs favans hommes de le faire marcher, les uns entre le Rhône &les Alpes jusqu’à Lyon, où ils lui font repasser ce fleuve pour entrer dans ce pais,«enx-ci entre le Rhône & la Saône, ce qui n’est pas concevable. Ce ne sont que con-