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Tome quatrieme.
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L IVRE III. C H A P. XI.

je-ctnres & probabilités, âc tous se trouvent preíque également appuiés dc preuves ti-rées-de Polybé & de Tite-Live;il ne manque h tous que l’expérience de la guerre &une grande connoiflance'du païsqu’ils n’ont pas.' J’oleme flatter que cette intelligen-ce , qui manque k la plupart, rendra mon hypothèse plus recevable que celle des per-sonnes qui ne s’appuiënt que fur l’autorité de Polybe. Cette autorité est certainementgrave. Ce n’est pas parce qu’il étoit contemporain d’Annibal, mais parce qu’il s’étoittransporté fur les lieux pour voir pariui-même & reconnoître la marche de cet.hommevraiment extraordinaire depuis les rives du Rhône,& de là h travers les Alpes jusquesfur celles du Pô. II nous apprend cela dans son troisième Livre. La description de lamarche dé ce fameux Guerrier paroîtdans mon Auteur dans toute l’exactitude militairequ’on fçauroit désirer dans un Ecrivain tel que lui ; c’est, selon mon sentiment Fen-droitïè plus achevé de son Histoire. „ Je parle, dit-il, avec aflurance de toutes ce*„ choses,parce que je les ai apprises de témoins contemporains, & que j ai été moi-„ même aux Alpes pour en prendre une exacte connoiíTance.

II n’y a pas lieu d’en douter & de le soupçonner même de la moindre inadvertan-ce ; mais le nom d’uhe rivière visiblement altéré dans tous les Manuscrits, à la placeduquel 'on lit Scoras ,a produit deux sentimens opposés entre les Sçavans. Ce qu’il y ade bien singulier, c’est que tous les deux partis l’appuient de l’autorité de Polybe,lesuns fur le mot S'coras qui est dans le texte fort mal placé, & les autres fur un grandnombre de circonstances qui prouvent manifestement qu’Annibal ne fut jamais dans lepais appellé FI (le dans la fourche du Rhône & de la Saône, c’est-à-dire entre ces deuxrivières, où est aujourd’hui la ville de Lyon, si elle n’est pas plus ancienne que lerems d’Annibal. Ceux qui prétendent qu’il ne tint jamais cette route, son r h monsens les moins raisonnables, & c’est de quoi l’on nc pourra disconvenir pour peu qu’onveuille examiner, non les preuves qu’ils allèguent, mais le chemin qu’une grande arméepeu: faire en un jour. Les gens de guerre ne seront jamais de cette opinion par unéinfinité de raisons. M. de Mandajors n’a eu garde de Fembraflër dans son Examen deìa route eTAnnibal entre le Rhône & les Alpes. ■ Je laiflêrai là toute la belle éruditionpour prouver son sentiment, parce que ses Adversaires en sont également fournis. Jem’cn tiens k ses raisonnemens. Citons ce sçavant Académicien.

„ Les partisans des deux opinions, dit-il, tombent d accord qu’Annibal aborda fur„ la rive gauche du"Rhône entre Orange & Avignon, & que quatre jours après son„ départ de ce camp il arriva nu lieu contentieux.

„ Ceux qui soutiennent qu’il ne remonta pas jusqu’au confluant de la Saône & du„ Rhône, avouent k leurs Adversaire ^u’Annibal ne prit pas le plus court chemin pour„ aller du Rhône aux Alpes ; mais qu’il sc- détourna sur la gauche dans le dessein d’é- ■-, virer, les occasions de combattre avant que d’arriver en Italie. Le chemin 1c plus •long dans un païs où tout est suspect, est toujours plus court qui celui où tout est en-nemi.-Annibal choisit le premier avec beaucoup de sagesiè. II étoit d’ailîeurs appellépar Brancus, qui étoit en guerre avec son frère, bien que Polybe ne le diíë pas, &dont il espéroit des secours considérai les pour son paflàge des Alpes, après avoir finicette guerre. Mais comment prouver qu’il est le plus long?; II faut, avant que de pren-dre le con décisif,connoître parfaitement le païs, & il cil évident que celui qu'il pritétoit le plus court par rapport aux obstacles, qui sont beaucoup moindres que cc-uxdes autres vallées, où il v a une infinité dc pas très-dangereux.

II est certain qu’Ànnibai n’avoit que faire de se couvrir ce l’Isére contre les Ro-mains, deux marches lui fufilsoient pour arriver dans un païs où ils n’cuflènc jamaisosé Fattaquer. Scipion ne pensa jamais de Finquiccer dans fa marche, il n’étoit ve-nu que dans l’unique but de Farrêtcr au paflàge du Rhône, oc de se joindre aux