LIVRE III. CHAP. XI. 7;
itCF ost selon mon sens visiblement celle de Polybe. II alla chez les Allobroges, où lepais n'estpas moins beau & moins fertile que-celui d’enrrële Rhône & h Saône,oûAnnibal ne fut jamais. 11 devait. Terre infiniment plus en ce tems-L, parcc qu’il étoitbeaucoup plus peuplé qu’il ne soft aujourd’hui. Cela faute aux yeux. Ceux qui sou-tiennent que Tannée Carthaginoise remonta le Rhône jufqu’à Lyon,me permettront,s’il leur plaît, d’être, d’un sentiment difiére-nt du leur. Lçs.dcux frères, qu’Annibaítrouva engagés dans une guerre, feront Allobroges comme Polybe nous Tassûré ; ils fe-ront placés entre le Rhône & l’Isére 6; des deux côtés, & Polybe s’accordcra avec ceque Tite-Live, Silius Italiens & Ammicn Marcellin nous ont dit, qu’Annibal arrivaaux Alpes par les Tricastins, les Voconticns & les Tricóriens. La Saône ne sortira ja-mais des Alpes tant qu’on fera dans -son bon sens. Le Rhône & l'Ifére représenterontun Delta parfait,& fort inutilement le chcrchcra-t-on entre le Rhône & la Saône, &M. de INIandajors.raifonnera toujours juste, toujours sensément, & fe.présentera tou-jours hériïïë de preuves, bien que fés Adversaires n’cn manquent pas en apparence.Le Commentateur de la nouvelle Histoire Romaine en produit un nombre plus capa-ble de faire illusion qne de convaincre.
Les huit cens stades, fans qu’il lbit besoin d’évoqucr Tonsure de Polybe pour noustirer d’embarras, feront une imagination , une faute de Copistes, donc mon Auteurle moqueroic s’il mettoit la tête hors de son tombeau.
Pour ce qui nous regarde, nous laiderons le mont Salnt-Bernard en repos; il n’ypalTèra pas une ame, fes neiges ne feront point foulées, il ne s’illustrera pas par tant decombats, par tant d'éqqipages pris ou perdus, par tant d’Officiers ruinés & de soldatsmorts de misère:, car Annibal éprouva dans ces effroiables montagnes tout ce qu’onpeut imaginer de terrible, de plus triste & de plus désespérant pour un Général quivoie périr plus de la moitié de son armée fans fe Lister abattre, ni fans rien diminuerde fes espérances.
Je fuis persuadé que la route la plus ordinaire & la plus pratiquée des Gaulois en Ita-lie, étoit celle qu’Annibal prit, qui conduit du mont de Lens, du Lautaret & deBrinnçon au mont Génévre, le col de Scstricres & la vallée de Prajelas. II est certainqifAnnibal prit 1a marche de ce côté-Ta, il dut Lister Grenpble à fa gauche. Je nefçaurois me persuader qu’Annibal partant du païs des Tricastins,ait pu diriger fa mar-che du côté des Alpes Pennines. II est certain que le mont Cenis étoit inaccessible àune armée en ce tems-là,& je doute même que ce paflàge fût alors ouvert. Le montSaint-Bernard étoit le seul passage du côté des Alpes Pennines;mais iln’est pas naturelqu’Annibaí bien informé des gens du païs, ait jamais pû prendre une telle route; caravant que de joindre cette vallée, il avoir une infinité de pas très-dangereux à pasièroù cent hommes croient capables de Tarrêter,& Ton doit moins considérer en fait demarches les facilités cn certains endroits, que les difficultés & 1a nature des postes encertains autres: car ce qui est paííè aujourd'hui,quoique difficile, deviendra le lende-main tout-à-fait impratiquable, si Ton fe trouve arrêté dans un païs où il n’y a plusmoien de passer outre, & de forcer ceux qui le défendent: si Ton fe trouve engagé en-tre deux pas ou deux gorges, dont Tun est abandonné & Tautrc défendu,ou dans unevallée où il n’y a aucune issue pour 1e retirer,si Tennemi fe rend maître des deux en-trées, que devenir? Et celafe trouve en une infinité d’endroits du mont Saint-Bernard;au lieu que lc-s montagnes des Alpes Coticnnes,& fur tout celles où Annibal passa, fontmoins escarpées, moins coupées en précipices, & les pas moins frequens & les che-mins plus pratîquables.
Annibal laissmt Grenoble à gauche, comme je Tai dit plus haut,paílà le Drac vis-à-vis Viziile, & entra dans L vallée du bourg d’Oifans, où il put marcher fur deux
Tome IV. K
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