Band 
Tome quatrieme.
Seite
79
JPEG-Download
 

LIVRE III. CHAP. XI.§. III.

79

One le nombre sait peu dans la guerre des hautes montagnes. On'une marche dans ces^fortes de gais eft h; chose da monde la plus délicate. Précautions à observer. Ou'iln-apparlicrit quatix Généraux dupremier rang tsy soutenir une défensive. Que letdéfensive , quelque soible qu'on soit , nous met en état de tout espérer & dl opprimerleplus foi’t , quelque supérieur qu U puise être.

I L s’agît maintenant d’entrer dans cette partie de la guerre qui a du rapport à factiond’Annibai. Nous en avons dit quelque choie dans nos Observations fur la guerred’Amilcar Barcas contre farinée rebelle d'Afrique ; mais il s’en faut bien que nous aionsépuisé cette matière, & if s’en faudra de beaucoup aussi que nous en puissions voirle bout dans ce Paragraphe. Elle renferme trop de cas particuliers. Polybe nous four-nira encore quelque occasion d’en parler. II faut avouer que cette forte de guerre estpeu connue. Cela paroît par tout ce que nous avons vû pratiquer dans les Alpes & lesPyrénées. - Aussi nous nous sommes déterminés à la creuser aussi profondément quenous en sommes capables, & d’appliquer aux faits nos principes & notre méthode,,scion que ccs faits le présenteront dans !e cours de cet Ouvrage.

une longue expérience dans cette forte de guerre ne fusil t pas pour nous y rendre capa-bles, puisque nous avons vû de nos jours que ceux qui font le plus pratiquée, fonttombés dans les sautes du monde les plus grossières ; & ce qu'il y a de moins excusabledans toute leur conduite, c’est qu’ils ont laifîè cchaper des occasions capables de finirîa guerre, bien moins par défaut de courage & de hardiesse, que par manque d’habileté.Car íi cn faut tant, que je ne fuis nullement surpris qu'il fe soit trouvé si peu d'Oíìì-ciers qui se font apperçûs de leurs sentes. Cette forte de guerre demande des qualitésextraordinaires dans celui qui s’en mêle, un grand sens, un génie rusé & entreprenant,vue intelligence du pais toute particulière, & une théorie peu commune.

Les marches renferment le plus difficile. Le succès d’une entreprise importante oùd’une retraite, & notre sel ut même, en dépendent le plus souvent. Vous voilà dansune vallée ferrée de hautes montagnes,n’y a-t-il qu’à marcher? Si les précautions,quine font pas en petit nombre, ne nous assurent ce pafïïtge, ces montagnes,dit-on, son.:hnpratiquables. Cela arrive souvent. Mais si l’on y fait bien attention, il n’y en apresque point d'inaccessiblcs, & qui n’aient des revers. On fera surpris comment tantd’armées n’ont pas péri dans ces détroits. Bien qu’il y en ait une infinité d’exemplesdans f í lissoire , nous ne sommes pas pour cela plus sages, ni f ennemi-,qui nous y voitengagés, pi us habile pour profiter de f occasion & aller nous boucher f entrée, pendantqu’il peut aisément en faire tout autant à la sortie. On doit donc s’informer des reversdes montagnes par où l’on doitpasièr, & songer que ce qui nous paroît insurmontablene f est pas toujours, & que ce qui f est effectivement cn certains endroits ne f est pascn certains autres. On fait quelquefois marcher de f infanterie à mi-côte, pendant'qu’on laisse le haut, qui est le plus important. Annibal faillit à périr avec tou-te fou armée, pour avoir négligé ces fortes de précaution?.

Les postes ô: le nombre fervent souvent de peu, 6 en s’assùrant cfun passage & desmontagnes qui resserrent des deux côtés la marche, on néglige les autres postes plusloin, & ceux mêmes qu’on abandonne, & dont on ne croit plus avoir besoin. Toutest sérieux, tout est digne de méditation, tout est d’une extrême importance, & lesmoindres fautes font capitales dans ces fortes de pais tout couverts de pièges contre unennemi vigilant, habile & entreprenant. Tel croit avoir la clef des champs, qui fe