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§- I V.
Ou'il y a une infinité de précautions à prendre , avant que de s'engager dans v.tïpais de hautes montagnes pour .quelque entreprise que ce soit. (su on peut être ct-, toqué dans sa marche c u dans sa retraite. .Ordre sur lequel l'on doit attaquerou sc défendre. Que celui pur Colonnes est le seul qu on doive Juivre dans ceslieux resserrés.-
L Orsqu’on est dans le dessein d entreprendre dans-nn pais de hautes montagnes pourquelque expédition ou pour quelque siège important, que l'on a de profondesvallées à traverser, des pas, des gorges ■& des détroits difficiles & dangereux, & qu’ona également à craindre d’être attaqué dans fa marche comme dans fa retraite ; lorsquel'ennemi se trouve maître de certaines vallées qui communiquent par les revers & lesommet des montagnes dans celle où l'on doit entrer, ou qu'il peut y communiquerpar d’autres qui versent dans celle-là : lors, dis-je, qu’on s'engage dans ces sortesd’entreprifes,. il y a tant de mesures à prendre, que je ne m’attens pas de pouvoirles épuiser dans ce Paragraphe. Ce n’est pas auíîì mon dessein, mais seulementdem expliquer le plus essentiel.- . r
C’est une maxime p pur un Général d’armée, qui s’est formé un projet de campa--gne de grande importance, de considérer avant toutes choses si ce projet est l’objetd’undessein utile & glorieux à i'a patrie, & s’il peut raisonnablement en attendre un succèsavantageux, bien qu’il se présente des difficultés & des obstacles infiniment grands, quele. secret & la diligence peuvent applanir.. Mais .avant que de prendre fa résolution, ilfaut y penser plus d’une fois, & ne plus reculer lorsque l’assaire est une fois conclue &arrêtée dans le cabinet. 11 doit chercher ensuite les inoiens de l'exécution: les prépara-tifs & le secret ne sont pas des obstacles; il dépend de nous de nous taire, & de noustaire avec art. A l’égard des premiers,qui découvrent souvent plus un deíïèin qu’uneindiscrétion de langue T il est aisé de les cacher lans qu’il soit possible de rien soupçon-ner , lorfqu’on a ses places frontières bien munies & d’avance. Le plus difficile se trou-ve toujours dans les obstacles qu'on peut nous faire rencontrer, & que la nature du païsaugmente infiniment.. Qui toudroit s’y arrêter, ne se déterminerait jamais. Le tems,la nécessité d’agir, l’o.ceaûón de ruiner un ennemi, nous font trouver aisément toutce qui est néceflaire pour parvenir au but qu’on s’est propoié.
, Le meilleurexpédient pour être exactement & sûrement informé de la nature du païsque l’on veut traverser;ou dans lequeLon est résolu de porter la guerre,estd’attirer àfoi sous de grandes promesses quelques personnes du païs, non du seul endroit où l’ons’est résolu de : pasiòr, mais autant, qu’il est possible de tous les villages qui font le longde la marche. Ceux qu’on doit consulter, & qui connoissent le mieux tous les détours& les chemins des revers des montagnes, sont les bergers & les chaílèurs : c'est la chosedu monde la plqs aisée que de trouver & de gagner., ces sortes de gens. -
J’ai expliqué ailleurs la maniéré dont on doit s’y prendre pour drestèr d’excellensmémoires , ou un itinéraire militaire pour être aii fait des païs les plus difficiles. Celame difpeníè d’eú parler ici, c’est fur ces mémoires qu’on réglé son plan de marche,& souvent celui de toute une campagne: car c’est la connoiíïïmce du païs-qui nousfournit ìe ffirjet d’une infinité d’entreprises importantes, & fans elle nous sommes ;hors d’état de penser & de rien faire. '•
C’est fonces cdnnoisiànces qu’.un Général d’arméefe détermine, & qu’il entre dansun païs de montagnes, marchant toujours, pour ainsi dire, la fonde à la main & dans -
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