po HISTOIRE DE POLYBE,
l’avoir fréquentée en menant les boeufs à la pâture. Alexandre se rappelhnt l’oradúd'Apollon, ajouta foi au bouvier; il commanda à la plus grande partie de son ar-’ mée de demeurer dans le camp , & d’y allumer beaucoup dc- feux, pour amuser lesPerses par cet objet ; mais en secret il laissa ordre à Philotas & à Ephesticn,quand-5 , ils verroient les Macédoniens fur les hauteurs, de donner par en bas fur les enne-mis. Pour lui prenant ses gardes. avec une phalange de soldats armés de toutes pié-^ ces, & tout ce qu’il avoit d’archers Scythes, il s'avança quatre-vingt stadc-s dans lepetit sentier, & s’étant mis à couvert dans Pépaiiìeur de la forêt, pour y prendrehaleine ; enfin à minuit il fit le tour des ennemis, & les surprit comme ils dor-moient encore. A la pointe du jour les trompettes sonnèrent la charge de dessusles montagnes. Alors Ephestion & Philotas sortant des retranchemens avec lesMa-cédoniens, attaquèrent les Perses, qui fe trouvèrent ainsi environnés d'ennemisd’en haut & d’en bas, & furent les uns tués, les autres précipités, & les autresfaits prisonniers.
Lorfqu’on prend les précautions dont j'ai parlé , l’attention est moins divisée, &lorsqu’on ne craint rien fur fes derrières,que tous les chemins de revers font interditsà Pennemi, que les hauteurs qui nous dominent ne peuvent être occupées, on estalors en état d’arrêter Pennemi, & de lui disputer 1 entrée ou la sertie d’une vallée oud’ura détroit de montagnes.
Soit qu’on fe retranche dans une vallée, ou qu’on cède peu â peu dans l’une pour 'faire touc d’un coup ferme dans une autre qu’on trouve plus avantageuse, on ne doitrien négliger des précautions dont j’ai parlé plus haut.. Les meilleurs retranchemens,les plus forts & les plus difficiles d; vaincre, font ceux que l’on fait par des arbres ra-battus avec toutes leurs brandies qu’on transporte sur les lieux, dont on forme une ■ligne A. ou un rentrant dans la vallée, & que l’on range si près-à-près que les bran-ches s’entrelassent les unes dans les autres, les troncs assurés par de fortes lambourdeslorsqu’on à le teins de couper les branches menues pour voir Pennemi fans être vû,.& d’aiguiser les autres. C’est le mieux qu’on puiíle faire. Voilà l’obstacle du mondele plus redoutable & celui qui demande le moins de cérémonie pour le faire & pourle défendre. On pratique une espèce de boiau derrière de huit ou dix pieds de lar-geur,. dans lequel on met un bon nombre de fufeliers B ; qui tirent fans ceííè ; maissi Pennemi s’avife d’approcher Pabattis, ii saut sortir & fe jetter derrière pour le dé-'
■ fendre à coups d’armes blanches & de longueur, avec des fufeliers alternativementmêlés..
Je ne vois pas qu’on puisiè jamais forcer des troupes si bien remparées, lorsque l’a-'battis est bien fait, pour peu de résolution qu’elles aient & de résistance qu’elles fal- -sent.. Les aflàilians font absolument découverts de la tête aux pieds, au lieu qu’ils -ne voient rien de ce qui fe pailè derrière un tel retranchement,.