LIVRE IIL CHAP. XII.
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CHAPITRE XII.
"Etat de T armée d'Annibal après le passage des Alpes Prise de Turin.Sempronius vient au secours de Scipion. Annibal dijpoj'e Je s soldatsà an combat'.
A Nnibal arrivé clans rífralie avec Farinée que nous avons vûë plushaut, campa au pied des Alpes, pour donner quelque repos àses troupes. Elles en a voient un extrême beíòin. Les fatigues qu’ellesavoient eííuiées à monter ée à descendre par des chemins íi difficiles ,iadisette de vivres, un délabrement affreux les rendoit presque mécon-noilsable?. II y en avoit même un grand nombre que la faim & les tra-vaux continuels avoient réduits au désespoir. On n’avoit pû voiturerentre des rochers autant de vivres ^ju’ií en falloir pour une armée sinombreuse, & la plupart de ceux que l’on y avoit voitures y étoientrestés avec les bêtes de charge. Aulìi quoiqu’Annibal au sortir du Rhô-ne eùt avec lui trente-huit mille hommes de pied & plus de huit mil-le chevaux ; quand il eût passé les monts, il n’avoit guéres que lamoitié de cette armée; & cette moitié étoit íi changée parles tra-vaux qu’elle avoit essuies , qu’on l’auroit prise pour une troupe deSauvages.
Le premier foin qu’eut alors Annibal fut de leur relever le courage,& de leur fournir dequoi réparer leurs forces & celles des chevaux.Lorsqu’il les vit en bon état, il tâcha d’abord d’engager les peuples duterritoire de Turin, peuples situés au pied des Alpes,& qui étoient enguerre avec les Jnsubriens, de faire alliance avec lui. Ne pouvant paríes exhortations vaincre leur défiance, il alla camper devant la princi-pale de leurs villes, l’emporta en trois jours, & fit passer au fil de l’é-pée tous ceux qui lui avoient été opposés. Cette expédition jettauneíi grande terreur parmi les Barbares voisins, qu’ils vinrent tous d’eux-mêmes se rendre à discrétion. Les autres Gaulois qui habitoient cesplaines, auroient bien souhaité se joindre à Annibal, selon le projetqu’ils en avoient d’abord formé; mais comme les légions Romaines é-toient déja sorties dupais, & avoient évité les embuscades, qui leuravoient été dressées, ils aimoient mieux se tenir en repos, & Tailleursil y en avoit parmi eux qui étoient obligés de prendre les armes pourles-Romains. Annibal alors jugea qu’il n’y avoit pomt de tems à per-dre, qu’il falloit avancer dans le pais,& bazarder quelque exploit, qui
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Prise dÊTurin.