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Tome quatrieme.
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§>r HîSTOIRE DE PO'L Y B- E,

• pût établir la confiance parmi les peuples qui auroient envie de pressjdre parti en fa faveur.

II étoit plein de ce projet, lorfqu’il eut avis que Publius avoit déí<rpassé le Pô avec son armée, & qu’il étoit proche. II eut d’abord de lapeine à le croire. ILn’y avoit:que peu de jours qu‘il avoit laissé ce Con-sul aux bords du Rhône; la route depuis Marseille jusques dans la-Tyrrhénie est longue & difficile à tenir ,<Sc depuis la mer- de Tyrrhéniejuíqu’aux Alpes en traversant PItalie, c’est une marche très-longuetrès-pcnible pour une armée. Cependant comme cette nouvelle se con-firmoit de plus en plus, il fut étonné que Publius eût entrepris cetteroute., «Sc Peiìt faite avec tant de diligence. Publius fut dans . le mêmeétonnement à f égard d’Annibal. II croioit d’abord que ce grand Capi-taine n’oferoit pas tenter le paílàge des Alpes avec une armée composésde tant de nations différentes, ou que s’il le tentoit, il ne manqueroiírpas d’y périr. Mais quand on lui vint dire qu’Annibal non seulemenrétoit sorti des Alpes sain & sauf, mais assiégeoit encore quelques villes'd’Italie, il fut extrêmement frapé de la hardiesse & de Pintrépidité dsce Général. A Rome, ce fut la môme surprise, lorsqifon y apprit cesnouvelles. A peine avoit-on entendu parler de la priiè de Sagonte, 6cenvolé un des Consuls en Afrique pour assiéger Carthage, & l’autre errEspagne contre Annibal, qu’on'apprend que cet Annibal eit dans PIta-"lie à la tête d’une armée, & qu’il y entreprend fur des villes. Cela pa-rut un paradoxe. L’épouvante fut grande, on envoie fur le champ :vSempro-Liîybée pour dire à Tiberius que les ennemis étoient en Italie, qirif^v^socours laiíîâ-E les affaires dónt' il étoit chargé , pour venir au plutôt au secoursde Sc:- 1 de la patrie. Tibérius fur ces ordres tìt reprendre.à fr flotte la route d Spion. Rome, & pour les troupes de terre, il ordònna de les mettre en mar- -che,& leur marqua le jour où l'on cjevoit se trouver à Ariminum. Coîtune ville située sur la mer Adriatique à Pextrémité des plaines qu’arroíèle Pôjdu côté du Midi. Dans ce soulèvement général & Pétonnementoù jettoient des événemens íî extraordinaires, on étoit extrêmementinquiet & attentif fur ce qu’il arriveroit.

Cependant Annibal & Publius s’approchoient í'iin de Pautre,& tous :deux animoient leurs troupes par les plus puissans motifs que la con--joncture présente leur offwit. Voici la maniéré dónt Annibal s’y prit -il assembla son armée, & fit'amener devant elle tout ce qu’il avoit faitde jeunes prisonniers fur les peuples qui Pavoient incommodé dans lëpassage des Alpes. Pour les rendre propres au dessein qu’il s’étoit pro-posé, il les avoit chargé de chaînes, leur avoit fait souffrir la faimavoit donné ordre qu’on les meurtrît de coups. Dans cet état , il leurprésenta les armes que les Rois Gaulois prennent loríqu’ils fe disposentù un combat singulier. 11 fit mettre aussi devant eux des chevaux & dessaies trè3-riches,&-ensuite il leur demanda qui cPcntre eux vouloientsó