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Tome quatrieme.
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§4 . HISTOIRE DE POLYBE,

prix à remporter. Qu’il falloit ou vaincre, ou mourir, ou vivre misé-rablement sous le joug des Romains: que victorieux, ils emporteroientpour prix , non des chevaux 6c des saies, mais toutes les richelles de laRépublique Romaine, c’elt-à-dire tout ce qui étoit le plus capable deles rendre les plus heureux des hommes: qu’en mourant au lit d’hon-neur, le pis qui leur pouvoit arriver seroit de passer, sans avoir riensouffert, de la vie a la mort, en combattant pour la plus belle de tou-tes les conquêtes: mais que (I í’amour de la vie leur faifoit montrer ledosàl’ennemi, ou commettre quelque autre lâcheté, il n’y avoit pasde maux 6c de peines aufquelles ils ne dussent s’attendre : qu’il n’étoitpersonne parmi eux , qui se rappellant le chemin qu’il avoit fait depuisCarthage la neuve, les combats où il s’étoit trouvé dans la route, 6cles fleuves qu’il avoit passés, fût assez stupide pour espérer qu’en suiantil reverroit sa patrie : qu’il falloit donc renoncer entièrement à cetteesperance, & entrer pour eux-mêmes dans les sentimens où ils étoient■tout-à-l’heure k l’égard des prisonniers : que comme ils fclicitoient éga-lement le vainqueur 6c celui qui étoit mort les armes à la main, & por-toient com paillon k celui qui vivoit après fa défaite, de même il falloitqu’en combattant leur premier objet fut de vaincre; 6c s’ils ne pou-yoient vaincre, de mourir glorieusement fans aucun retour fur la vie:que s’ils venoient aux mains dans cet esprit, il leur répondoit de la vic-toire & de la vie: que jamais armée n’avoit manqué d’être victorieuse,lorsque par choix ou par nécessité elle avoit pris ce parti; 6c qu au con-traire des troupes qui., comme les Romains, ctoient proche de leurpatrie, 6c avoient, en suiant, une retraite frire, ne pou voient pas nepoint succomber sous l’effort de gens qui n’espéroient rien que de lavictoire. Le spectacle 6c la harangue firent tout fesse t qu’Anmbal avoiten vûë. On vit le courage renaître dans le cœur du soldat. Le Gé-néral, après avoir loué ses troupes de leurs bonnes dispositions, con-gédia rassemblée, 6c donna ordre qu’on se tînt prêt à marcher le len-demain.

toun ou plutôt le joug , £? soulevez-vous centre „ niant rencontré un Chef, se mirent vclon-jistiages. „ Ainsi Jes Perses, qui étoient índi- „ tijrs e» liberté.

„ gnés jl y avoit loagtems d’obéir aux Médes,