LIVRE III. C'HA’P. XIII. -5
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CHAPITRE XIII.
Harangue de_ Scipion. Bataille d u Tèfm. Trahison des Gaulois
à P égard des Romains.
P Ublias s’étoit déja avancé au-delà du Pô, & pour passer le Téíîn,il avoir ordonné que Ton y jettàt un pont. Mais avant qued’allerplus loin, les troupes assemblées, il lit fa harangue. II s’étendit d’abordbeaucoup fur la grandeur & la majesté de l’Empire Romain , & furles exploits de leurs ancêtres: venant ensuite au sujet pour lequel ilsavoicnt pris les armes, il dit, que quand même jufqifà ce jour ils n’au-roient jamais essaié leurs forces contre personne, maintenant qù’ils fça-voicnt que c’étoit. aux Carthaginois qu’ils avoient affaire, dès-là ils dé-voient compter fur la victoire: que c’étoit une choie indigne qu’un peu-ple vaincu tant de fois par les Romains, contraint de leur paier un tri-but fervii'e,& depuis (i longtems assujetti à leur domination,osât fe ré-volter contre fes Maîtres. Mais à présent , ajouta-t-il, que nous avons'éprouvé qu'il rìose , pour ainsi dire , nous regarder en face, quelleidée , fi nous pensons jujle , devons-nous avoir des fuites de cette guer-re? La première tentative de la cavalerie Numide contre la notre ,lui a fort mal réussi. Elle y a perdu une grande partie de son monde ,ct? le refie s'efi enfui honteusement jusqu'à j on camp. Le Général ct?toute son armée rìont pas été plutôt avertis que nous étions proche ,qu'ils fe font retirés , & ils Pont fait de façon que c’étoit autant unefuite qu'une retraite. Cejl par crainte ct? contre leur defl'ein qu'ilsont pris la route des Alpes. Annibal efi dans P Italie, mais la plusgrande partie de son armée est enterrée dans les Alpes , £5? ce qui s'enest échapé cjl dans un état a n'en pouvoir attendre aucun service. Laplupart de s chevaux ont succombé à la longueur ct? aux fatigues de lamarche, ct? le peu qu iì en refie ne peut' être d'aucun usage. Pour 'vaincre-de tels ennemis , vous n'aurez qiPà vous montrer. Et pensez--vous que s enfle quitté ma flotte, que s enfle abandonné les affaires d’Es-pagne ou Pavois été envoié, ct? que je fiiffe accouru à vous avec tantde diligence ct? cP ardeur , fi de bonnes raisons ne né enflent persuadé ct?que le salut de la République déperidoìt du combat que nous allons li-vrer , ct? que la victoire êtoii sure. Ce discours íoutenu de l’autoritéde celui qui le prononçoit, sc qui (bailleurs ne contenoit rien que devrai, fit naître dans tous !•>’ soldats un ardent déíìr de combattre. LeConsul aiant témoigné combien cette ardeur lui faiioit de plaiíir, con-gédia fassemblée, & avertit qu’on íè tînt prêt à marcher au premier ordre.