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Tome quatrieme.
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y6 HISTOIRE D E POLYBE,

Bataille Le lendemain les deux armées s’avancérent l’une contre l’autre le longduTiisin. d u Tésin, du côté qui .regarde les Alpes, 4es Romains aiant le fleuve àleur gauche, & les Carthaginois à leur droite. Au second jour les four-rageurs de part & d’autre aiant donné avis que l'ennemi étoit proche.,on campa chacun dans l'endroit où il étoit. Au troisième Publius avecfa cavalerie, soutenue v des armés à la legere, & Annibal avec fa ca-valerie feule , marchèrent chacun de .son côté dans la plaine pourreconnoître les forces Pun de l’autre. Quand on vit à la poussière quis’élevoit que l'on n’étoit pas loin, on fe mit en bataille. Publius faitmarcher devant les archers avec la cavalerie Gauloise , forme sonfront du reste de fes troupes, & avance au petit pas. Annibal lui vintau-devant, aiant au centre l’élite de la cavalerie à frein, & la-Numide(s) fur les deux ailes, pqur çnvelopc-.r l’.ennemi. Les Chefs & la ca-valerie

(a) Aiant au centre Vélite de la cavalerie àfrein, N la Numide fur les deux aîles-l La cava-lerie Numide mérite un article dans ce Com-mentaire : car si je n’apprenois à mes Lecteursce que c’étoient que ces sortes de troupes, !eplus grand nombre m'en fçauroit un très-mau-vais gré. Si nous les comparions à nos Hus-sards ou aux Tartares, dont les Turcs sc fer-vent si utilement dans leurs armées, ie ne croispas que l'on y trouvât beaucoup à redire. Lacavalerie Numide étoit excellente, & d’un usa-ge infini dans les armées des Anciens LUe n’é-toit guéres propre à combattre en ligne & parescadrons, mais feulement pour harcelles unearmée, pour les entreprises promtes, pour en-trer dans un païs, le mettre fous contribution.,tomber fur un convoi, fur une arriéregarde, furles bag-ages d’une armée-: .en un mot ces gens-là étoient d’un très grand fervjco , hardis &entreprennes, pillards & larrons au-delà de cequ’on peut imaginer, & leurs defcendans n’ontpas dégénéré, jc le font encore: car parmi euxles voleurs font estimés & considérés. Je ne fçaidans quels Historiens j’ai lù que ces gens-là me-naient toujours en main un second cheval,comme font encore les Tartares, pour changerdans le besoin. Annibal s’en servit utilement.Us fe rendirent d’autant plus redoutables auxRomains, que ce grand Capitaine, par i’excel-lcnce de fa discipline militaire, les faisoit com-battre en ligne, & furies ailes de son armée.

De la façon qu’ils font représentés fur la Co-lonne Trajane & fur d’autres monumens anti-ques, je soupçonne fort que les Sculpteurs, se-lon leur louable coutume, ne les aient habillésd’imngination ou à la mode de leur païs, quisubsiste encore, & cette mode est la belle natu-re-, nus comme la main, & les chevaux toutcomme leurs maîtres: ils n’a volent pour ton tvêtement qu’un petit mantelet, comme celuid’un Capucin ou d’un Recolet. Je fuis persua-

dé qu'ils étoient équipés ainsi dans leur païscomme ils fe font encore aujourd’hui; mais dansles armées où ils fervoientiis dévoient être vê-tus fort à la légére, comme nos Hussards, mal-gré !.’autorité des Auteurs, qui nous assurent deleur nudité pleine & entière fans. nulle vergo-gne Jo les crois un peu Sculpteurs fur cepoint-là. Ce qui prouve que le Numide, dontia figure est représentée dans l'Antiquité expli-quée (a), est une pure rêverie du Sculpteur,c’est que ces fortes de troupes étoient arméestout comme les cavaliers. 11s avoient donc unbouclier & le javelot: on appelloit le bouclierCátre ou Peltt . Je trouve le bouclier dans la fi-gure. Je ne fuis pas non plus embarrassé du ja-velot, qui ne fe trouve point: Dom Bernard deMontfaucon nous en donne la raison. Mais cen’est pas là ce que je cherche, c’est l’épée. Si lecavalier Numide en avoir une, il la portoit ap-paremment â son côté avec le fourreau, attachésà un ceinturon ou à quelque autre chose d’équi-valent. On n’en voit pourtant point. L’hom-me est tout nû comme son cheval, qui n’a nibride, & par conséquent ni poitrail, ni crou-pière: cela ne m’étonnepas à I’égard du cheval.Je fuis encore moins étonné de la nudité du ca-valier, qui nous étale tomes ses pièces, hors laceinture & l’épée, ou du moins le fourreau:preuve évidente que le Numide est une pure rê-verie du Sculpteur. La cavalerie Ma.ure ne diffèreen rien de celle des Numides. Les chevaux deceux-ci comme ceux'des Maures étoient fort pe-tits , de vrais bidets & fort vîtes: tels sont ctuxde nos Hussards. C’est le sentiment de Strabon,dit le fçavant Bénédictins/;;, où jepuife bien debonnes choses. Les chevaux Numides jont petits.;mais légers à.la course; ils sent dociles à tel point ,

qu'a-

(a) Antiq. ex pi. t. IV. ch, 7- f • 88»

(b) Ib id.