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Tome quatrieme.
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LIEVRE III. CHAP. XIII. * 97

váîerie ne demandant qu’à combattre, on commence h charger. Aupremier choc ies armés à la légére eurent à peine lancé leurs premierstraits, qu'épouvantés par la cavalerie Carthaginoise qui venoit fur eux,Sc craignant d’étr.e foules aux pieds dc-s chevaux, plièrent Sc s’enfuiix n t

qu'avcc une baguette on les mine comme on veut.Les Auteurs, dit-il ailleurs, appellent les Numides-gens initia freni, des gens qui ne connaissent pasí'usage du frein: c'esl ce qu'Oppien dit en généralde s Africains, & Oppien a raison.

J’aurois fort souhaité que le célébré Bénédic-Jin, dont Remprunte une partie de l’érudition quej'étale, & dont il est si bien fourni, se fût souve-nu de ce que nous apprend l’Auteurde la Rela-tion du Roiaume d’JÍfiny. II dit que les peuplesde ce païs-là vont tout nus à cheval à la guerre,L lorsqu ils ont quelque voiage à faire. 11s nemettent à leurs chevaux ni frein, ni bride., niselle, ni rien, tout est níi, & qu’avcc une petite■baguette ils les conduisent où ils veulent. Il yen a qui se servent d’ynecorde, qu’ils leur met-tent autour du cou en guise de collier, & quileur tombe un peu sur le poitrail. Strabon parlede cette forte de frein,dont l’Auteur de l’Anr.i-quité expliquée nous donne la figure tirée, jepenfe.de la ColonneTrajane: c’est un cavalierMaure II parle encore de la coutume des An-ciens, que nos Hussards pratiquent encore au-jourd’hui, lorfqu’ils galopoient ou qu’iis étoientpoursuivis. Cette coutume étoitdc- s'étendre furleurs chevaux, accoutumés à courir le nés auvent, ct par conséquent à hausser h; tête. Ils s’é-tenJoient dessus, comme je l'ai dit, & leur em-brassoient le cou : de forte qu’on ne pouvoit niles atteindre, ni les tirer en les poursuivant.■Quant aux Numides d’Annibal, & de tous les au-tres qui servoient dans les armées des Anciens,car ils se vendoient au plus offrant, il ne sautpas douter qu’iis ne fussent vêtus. Ceux qui lescroiront équipés comme dans ia Colonne Tra-janc, ou dans les autres monumens qui nousrestent, feront cn état de croire très-fermementbien des-fadaifes.

Les Numides, semblables aux Scythes & auxParthes, ne te iaifoient pas une affaire ni unehonte de fuir, ils s’en aquittoient parfaitementbien & très-dangerensemcnt Plutarque dit dansCralíus, que ies Pmthesjwií les peuples au mondegui j ont le [lus agilement cette manœuvre après lesScythe.*; ix qui est fr es sagement imagine, dit-il,pvifqu'er. fuiant ii: sauvent leur vie, éf qu’en com-battant ils ôtent à la fuite ce qu elle a de honteux.Les Turcs, Ies Tanares, & no- Hussards font iamême chose, iis fuient, & lorsqu’on revient sureux à la débande, í!s font volteface & voustombent fur le corps. Ceci me fait fouvenii d’unpassage de Montagne , que je ne faurois écarter.Plusieurs nations très-ldlflieuses, dit-il, fe ser-vaient dans kun juits u’armes de la fuite four a

Tune IF.

vantage principal , £? montraient le dos à Vennemiplus dangereusement que leur visage... ,, Platon,, fe moque, dit-il, de Lâchés, qui avoit défini,,Ia fortitude, se tenir ferme en son rang contre,, les ennemis Quoi, dit-il, feroit ce donc lâ-„ C’neté de les battre en leur faisant place? & lut,, allègue Homère, qui loue en Aineas la science,,de fuir, & que parce que Lâchés se ravisant,,, avoue cet usage aux Scythes, & enfin généra-„ lement à tous gens de cheval ”. Cela étoit bonchc -2 ies Anciens, mais ceux des Modernes n’enusent pas ainsi : car s’il leur arrive de fuir, le vic-torieux peut être a si û ré qu’ils ne reviendrontplus,-& que le combat fera remis la campagnesuivante. Rarement se rallienr-ils & reviennentà Ia charge, si la Fuite est pleine & enciérc. Celan’arrive cependant pas toujours, car nous n'a-vons pas ouï dire que cela soit jamais arrivé Xla Maison du Roi. à moins que tout ne soit per-du, & qu’elie ne se trouve totalement abandon-née. Alors elle fe retire, lorsque la valeur nosert de rien contre le nombre qui l’accablc. •

ITaction de la Maison du Roi d’Espagne à Al-manza,est remarquable. Elle saisoit la droite dela première ligne. Elle fut rompue trois fois, &fe rallia tout autant de fois; le victorieux fe re-bute lorsqu’il rencontre de telles gens en tête, iltombe en admiration. -Ces gens-là militent devaincre, & vainquent effectivement. La Maisond u Roi à I.euze eut affaire à celle des ennemis,qui étoit si supérieure, qu’il sembloit que cette su-périorité ne dût pas permettre aucun équilibre.II y eut plus que cela, l'Intrépidité & la bonneconduite vinrent à bout du nombre, & Penr.e-tni fut battu & mis dans une confusion ct m*désordre épouvantable, malgré l’appui d’un corps-d'infanterie, qui ne fervr de rien autre chosequepour relever l’éclat d’une action si célébré.

Je m’accommoderois autant d’une ravn'c-riequi combartroit comme celle des Parthes, qued’une autre qui ne branleroit ct ne quitteroit ja-mais son rangqu’après avoir été percée & dissou-te : car si elle a pris une fois la fuite, elle ne ie-Vient plus ; au lieuqu’une autre accoutumée à fai-re place à son ennemi, s’c-n irspoui revenu en-suite sur le victorieux à demi rompu, & danscette espèce de désordre assez oidir.aire à c-vxqui croien t tenir la victoire entre les mains Rienn'c-st plus dangereux qu’un corps dc troiqes quife rallie & revient fur ses pas. Les Romairs é-prouvérent contre les Parthes, combien cette fa-çon de combattre dans un ennemi est redouta-ble & à craindre. Plutarque mms 1 a p.e n d cansIa Vie de GraSus & dans celle d’Asltoine. Con-

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