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Tome quatrieme.
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LIVRE III. CHAP. XIII. m

cru. Walhauscn, autre Ecrivain dogmatique, très-profond & très-fçavant dans lacavalerie & dans l’insonterie, car il a très-bien traité de l’une & de l'autre, attaque lesentiment de Basta , & se sert de ses propres armes pour le combattre, & le bat enruine. Je panche fort du côté de Walhausen à l'égard du fçavoir, bien que celui-cin’ait pas gagné de batailles comme 1 autre-, qu'il n’cût pas moins gagnées s'il eût étéemp'oié. C'est le fort des grands génies pour la guerre de demeurer en chemin, fi l’onnc-joint les qualités de bon Courtisan à celles d’habile Guerrier. II faut ensuite consi-dérer les Puissances que l’on sert, & le teins auqueî l’on vit, qui n’est pas une choieindifférente à la vertu. Walhausen a manqué dans tous ces avantages. Ni celui-ci nil’autre n’ont assez bien connu le dc-savantage de la lance, telle que celle dont on se fer-voit en ce tems-là. Les Maures en commissent mieux l’avantage, comme je le dirai enson lieu', mais la leur est bien différente de l’ancienne, & fart de s’en servir est enccreplus différent. Montécuculi (a), autre grand Maître dans la science des armes, &Auteur profond, me paroît pancher du côté de la lance, fans négliger de nous en ap-. prendre les défauts comme Basta, & les observations qu’il fait fur cette arme fontimportantes.

„ De toutes les armes dont on fe sert h cheval, dit-il, la lance est la meilleure (Ji) ;

„ mais il faut qu’clle soit bien garnie, & que les lanciers soient vigoureux, armés de„ pied en cap, qu’ils aient de bons chevaux, un terrain uni, ferme, point embarrassé:'

les choses étant ainsi, ils fe partagent cn petits escadrons, vont h la charge & ouvrent„ un chemin ,-où les cuirassiers qui suivent au trot, entrant après eux, font un grand,, carnage”. Les lances ne prenoienc carrière qu'fc soixante pas, comme toute cava-lerie doit faire.

„ Si la lance n’a pas ces qualités, ou que l'homme, le cheval, le terrain ne soientpas tels qu’it faut, & ne concourent pas à l'impétuolìcé de la course & du choc, ou„ qu’elle ne soit pas soutenue de près par les cuirassiers, elle est inutile: car l’ennemis’ouvre lorsqu il le voit venir, & cède à son ardeur, puis envelope les lanciers & les„ taille- en pièces, comme fit Charles Gustave Roi de Suéde dans les dernières guerres„ contre les Polonois. La grande dépense & le peu d'usage de la lance,- qui ne sert„ qu’h un jour de bataille, l’ont soie abandonner dans nos armées. Les Polonois s’en„ fervent encore; mais ils les distribuent pour le combat par petites troupes de vingt-„ cinq à trente chevaux chacune: qui enauroit environ mille,en sormeroìt trente ou„ quarante petits escadrons, lesquels étant menés vivement &. secondés par ks cuiras-„ fiers, pourroic-rtt faire un grand effet”..

Je serois- assez de Lavis de ce grand Capitaine r fi cette sorte d’arme pouvoit êtremise- à tout comme les cuirassiers.. Tout ce qu'il dit de la lance, & de la méthode dela faire- combattre, ne fe trouve pas dans les Auteurs qui en ont écrit. Le Père Danielfc trompe, íorfqu’il assure que les lances combattoient fur un seul rang. Elles combat-toien: quelquefois for deux ou for trois. Cela se voir dans les Auteurs, qu’il n’a pasconsultés : ce qu’il auroit dû faire. Je m’éronne qu’il n’ait pas lû le Traité de MUitiacquefh't de Hermannus Hugo, evrrest un Religieux de fa Compagnie, lequel cite tousces Auteurs, entr'autres Basta, Walhausen, & Louis Melzo. Les lances combattoientquelquefois cn escadron de quarante ou de soixante lances , & fur trois de ltle.Car dire comme le Père Daniel, qu’ils ne formoient des escadrons que dans la mar-che, ce n’est pas là raisonner; est-ce qu’on peut marcher autrement que for plu-sieurs rangs?

CO Mémoires de Montée. L. II. ck. 2.

(b) II dit dans son premier Liv. ch. a. que la lance est la reine des anr.es peur la cavalerie, tommelà pique pour l'ìn/anterie.