n6 HISTOIRE DE POLYBE,
pendant que sur trois. Par là on éviterait le flottement, les manœuvres en feroîentbeaucoup plus légères, le choc plus violent & plus uni qu’il ne lest ordinairementdans les escadrons d’aujourd’hui. C’est une choie pourtant fort rare que ce choc,on n’en connoìt guéres sillage que dans la Maison du Roi. Celle-ci va droit sépéeà la main, & fait sentir le poids de fes armes comme toute la force de ses chevaux.Cela est rare dans toute autre cavalerie, tout aboutit le plus souvent à mettre en œuvrele mousqueton. Le grand Turenne nepouvoit le souffrir, & avec raison. A quoibon cela, difoit-il, tout le soit de la cavalerie est de charger sépée à la main. Aucombat de Sintsheim en 1 67 ce grand homme commanda à fes escadrons d’efluiertout le feu des Impériaux fans tirer, & de fondre dessus sépée a la main.
Cet habile Guerrier, qui penfoit toujours juste, n’eùt pas donné cet ordre, si fagrande expérience & son bon sens ne lui eussent fait voir que la peur des chevaux, quandon tire, met une espèce de désunion dans les escadrons, qui les fait. flotter, & donneplus de facilité à les rompre ; au lieu-que sépée à k main, ils marchent & chargentavec plus d’égalité. II y a encore un avantage h ajouter, que les Officiers braves & en-tendus ne laissent pas échaper. Allez le premier à l’ennemi, tâchez de le prévenir, &souhaitez qu’il faste feu ;on peut compter de le rompre & de le mettre en fuite, avantmême que d’être abordé; *
Ce que je viens de dire touchant la cavalerie, quoique jò n’aie pas épuisé cette matiè-re, & que ce ne soit que sidée d’un Traité particulier, m’a paru d’une extrême im-portance: car 1 a plupart aveuglés par leurs préjugés, 11e fçauroient s’en délivrer, flon n’en fait voir le faux.& l’abfurde dans un ouvrage, dont le but principal est decombattre ces préjugés,. & de flipper par les fondemens, s’il m’est possible de réussir,Une infinité de pratiques & de principes tous contraires aux régies de k guerre &du bon sens dans toutes les parties que la science des armes renferme. On ne peut lefaire, si l’on n'oppose h k fauflèté de ces principes l’évidence de ceux des Anciens,que nos pères ont suivi en bien de choses à f égard des combats de cavalerie. Caroutre qu’ils en venoient toujours aux mains & fort brusquement . & fur plus de rangsque nous ne faisons, leurs épées étoient infiniment plus avantageuses que celles désanciens Grecs & Romains,. & que les nôtres ne le sont aujourd’hui. Je ne fçai d’oùils les tiroient v mais elles étoient de meilleure trempe, & semblables aux épées Efpa-gnôles. Quoiqu’il en soit des Anciens & de nos pères; je les ai moins en vue que la rai-son & les exemples qui sont fondés fur cette raison. II n’est guéres possible qu’on nes’en soit apperçû dans cet ouvrage. J’ai k vérité pour guide, bien résolu de ne m’eaécarter jamais : le tems &.la guerre feront mes garans..
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Que Von ne doit jamais, faire de détachemens considérables de cavalerie fans y mêlerde V infanterie. Deux ordres de bataille pour la cavalerie .
U N habile Général ne détache jamais de grands corps dé cavalerie de son armée >si ce détachement n’est l’objet de quelque deflèin important, Lé jamais fans né-cessité, comme fit Scipion. Si c’est pour reconnoître l’armée ennemie, un grand corps' de cavalerie est bien moins en état de , 1 e faire qu’ur.e troupe de quinze à vingtMaîtres de cavalerie légere ou. d autant de. fantassins. C’est d’ailk-urs une' imprudenceà un Général de voir de fes propres yeux , lorsqu’il peut voir par ceux d’autruîfans trop s'exposer : car il est rare qu’un ennemi vigilant, bien fourni d’efpions fi-dèles, ne soit pas averti ; il peut fe mettre aine champs, aller au-devant de son en-