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Tome quatrieme.
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mincecoftìme sur deux de hauteur, qu’il refuíè à son ennemipendant qu’il opposesix mille hommes rangés fur dix Colonnes d’un bataillon chacune à l’aìíe avec laquelleil veut combattre, il l’enfoncera & la battra, c’est ainsi que le foible-cmporte le fort,& que ce qui surpasse en delà demeure inutile & sans effet.

Mais d’où vient que le nombre impose si fort au foible, & que celui-ci n'ose pres-que jamais paroître, & tenir la campagne contre une armée beaucoup supérieure ltla sienne, quoique le plus foible ait d’ailleurs fur le plus fort certains avantages quipeuvent suppléer au défaut du nombre? Ne feroit-ce pas l’opinion qui fàitqu’on re-garde tantôt une chose, tantôt une autre, comble redoutable, ou comme méprisable,selon que nous connoiíTons, ou que nous ignorons nos véritables avantages ? Ne pour-rions-nous pas appliquer cette réflexion à la cavalerie Espagnole, qui n’a jamais con-nu fa force, bien moins par défaut de courage, que par l’ignorance de ceux quila commandent ; bien que mille exemples de grand éclat enflent dtì leur ouvrir lesyeux, & leur faire connoître qu’il n’y a rien que cette cavalerie ne puisse entre-prendre. '

Tacite dit que c’est une chose étrange que la valeur des Sarmates, elle est preíquehors d’eux-œêmes-, & ne consiste que dans la force & la vigueur de leurs chevaux,dont ils rompent les plus épais bataillons; n’y niant rien de fi foible qu’un Sarmate, lorf-qu’il est contraint de combattre à pied. Nos cavaliers feroient-ils moins Sarmates, sil’on fe mettoit en tête de les faire combattre à pied? ils n’y font pas accoutumés, nidressés: il n’y a point de loi qui ordonne qu’iís combatronc à pied comme l’anciennegendarmerie, qui mettoit non seulement pied à terre pour combattre comme de sim-ples fantassins; mais s’il seprésentoit quelque coup de vigueur comme une escalade, ouí’insulte d’une brèche, elle étoit à la tête de tour. C’étoit la méthode du tems de Fran-çois I. Sa gendarmerie monta à Fasse ut au siège de Pavie, en 1525. Peu ìi peu lacavalerie de ce tems-ci est devenue Sarmate, ct quelque chose de moins,car il arriveïarement qu’à la façon de celle dont parle Tacite,elle ose affronter, je ne dis pas lc-s-plus épais bataillons, puisque la mode en est perdue,mais ces bataillons minces inca-pables de réÇster à l’effort du moindre bidet. II est certain qu’un cavalier qui prendconfiance en son cheval , qu’il fçait bon & vigoureux, & qui'joint k cet avantage des'armes excellentes,& propres à joindre l’ennemi; il est certain, dis-je, que tout ce-la lui relevé, & lui augmente le courage à tel point, qu’il n’y a rien qu’un Officierlie puissie tirer de la valeur d’une telle cavalerie ; elle enfoncera les plus épais bataillons,& les plus forts escadrons, s’il a assez d’hábileté pour connoître fa force, & s’il a as-sez de courage pour îa mettre en œuvre. C’est ce'qu’on voir rarement, j’y reviensencore: un cavalier quiconnoît la légèreté, la docilité & la vigueur de son cheval,comme l’avantage de ses armes, combat avec beaucoup plus de confiance ,de hardies-se, d’adreíse & de courage, du moins ceia devroit être ainsi, & je-m’éionne que lacavalerie Efpagnoleme nous offre rien de p!us> ou très-rarement, que cequ’on remar-que dans la Françoise, dans l’Allemande & dans toute autre. Jc fuis persuadé que sielle étoit instruite de se force qu’elle ignore, & qu’ôn commençât par les Officiers quin’cn sont pas mieux instruits que leurs cavaliers, elle ferait mieux menée, & tout ertiroit mieux, l’on verroit bientôt ce qu’elle vaut, & dc-quoi font capables des gensmontés fur de tels chevaux.

Bien des gens diront-que deux cens chevaux Espagnols, quelque bien conduits qu’ilssoient, doivent être battus par deux cens de notre cavalerie pelante ; supposant uneégale valeur dans les hommes, c’est dequoije ne conviens pas. Je soutiens au contraireque les deux cens des premiers battront infailliblement, je ne dis pas deux cens, maisfix cens des autres. Les chevaux Espagnols vifs, légers, braves & vigoureux, com-