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Tome quatrieme.
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,24 HISTOIRE DE POLY BE,

me chacun sait, se manient & se tournent comme on veut; leurs mouvemens, leurscaracols font promis, si légers, si rapides, qu’il n’est pas possible qu’un de nos es-cadrons puisse jamais résister au choc impétueux à la célérité des mouvemens d’unescadron Espagnol qui lui gagne le flanc & la croupe dans un instant, qui se partage,& se remet avec la même rapidité. Si les six escadrons se replient, carocolent sur lesdeux autres, h peine auront-ils le tems de s’ébranler, d’y penser même, que ceux-ciauront attaqué & percé tout ce qu’ilsoiit de front, tant leur choc est violent & terri-ble, & leurs épées avantageuses.

Comment résister contre des troupes, qui connoiflânt leur force, comme je le sup-pose ici, combattroient avec de si grands avantages, à qui il est libre d’approcher l’en-nemi, quelque supérieur qu’il soit, d’aussi près qu’il leur plaît, deviter un combat,ou de le donner? Je dis plus, estes peuvent agir dans les pais même favorables à l’infan-terse, dans les montagnes comme dans les plaines; c’est ce qu’on a vûmille fois. Euest-il au monde de plus propre à harceller une armée par de continuelles attaques , &des retraites aussi promtes; fans que notre cavalerie moins vive & moins agile lapuisse joindre? C’est cette même cavalerie si redoutable aux Romains,. qu’Annibalmena en Italie.

Si elle attaque dans un combat, & qu’elle soit repoussée, elle s’e-n va & se retire,este se rallie, & revient au combat d’autant plus facilement, qu’elle volt bien qu'on nefouroit jamais l’atteindre. Si on débande des troupes s ses trousses, qu’on les détachedu gros; pour peu que les escadrons flottent, se desordonnent & se dispersent, l’enne-mi fera volteface, & battra en détail ce qu’il n’a pû vaincre ensemble.

Si les six cens chevaux sc mettent en ligne par escadrons, les deux cens Espagnolssc partagent s’ils veulent en quatre troupes, ou n’en forment que deux, & tombent furdeux autres, ils ses choquent & ses ouvrent avec cette rapidité si naturelle à la cavale-rie ; la force & la promtitude du choc ne donnant pas se tems au reste d’agir & de si*tourner assez vite pour les prendre en flanc,. & gagner la croupe desaílaillans, à causede la pesanteur & de la gravité des mouvemens de notre cavalerie.. Après cela rienn’empêche ses deux escadrons victorieux de revenir fur leurs pas, &d’attaquerses au-tres avant qu’ils aient eu se tems de tourner de tête à queue, ainsi, les uns après sesautres, deux escadrons peuvent fort bien en battre six de notre cavalerie.

• Disons plus. Je suppose que les six cens chevaux ont leurs ailes si bien appuiées,qu’elles ne puissent être tournées & prises en flanc; je veux même que ces six cens che-vaux ne forment qu’une ligne serrée sans espaces & en phalange, c’est fans doute lemieux, comme cela se pratique contre la cavalerie Turque, dont les chevaux appro-chent assez de la célérité des Espagnols, quoique moins vigoureux dans le choc , &les cavaliers plus mal armés. Si on se forme en phalange, je dis que les deux escadronsEspagnols auront encore- moins à craindre: cela se sent aflèz. Ceux-ci n’ont qu’à s’a-bandonner au centre ou fur les ailes l’épée Espagnole au poing, plus longue, plus lé-gére, plus forte dé pointe & plus avantageuse que la notre. Encore une fois, ilss’ouvriront un paflage, & passeront outre avec bien moins de péril d’être envelopés»que si l’on conférât des espaces qui facilitent le caracol » quoique ces espaces soientplus dangereux que s’il n’y en avoit point.

Qu’est-ce que six cens chevaux fur une ligne, mille, si l’on veut? Les deux esca-drons en attaquant n’ont affaire qu’aux deux qu’ils ont en tête. Ce qu’il y a de plusest tout comme s’il n’y en avoit point, puisqu’ils ne iauroient soutenir ce qui est atta-qué; le choc est trop violent & l'effort troppromt pour avoir le tems de se replier surun corps qui pénétre & passe outre comme un éclair. C’est un paradoxe , diront cer*«aines gens: ouï en. apparence, mais une vérité en.effet.