iztz HISTOIRE DE POLYBE,
pe sûrement à l’égard des éléphans. II prétend qu’ils furent jettés lur Tune &.I’autreaîIede la cavalerie. Ce n’étoit pas là leur polie, outre qu’il paroi t par les fuites du com-bat que ces animaux furent d abord poulies fur les ailes de l’infanterie Romaine ; & quandcela ne feroit pas, il vaut mieux croire ce qui ell le plus conforme à la raison & auxrégies de la guerre. Ajoutez qu’on ne fe précautionne pas tant à fendrait le plus fort,qu’a celui où l'on est le plus foible.
La cavalerie (9) fcrmoit les deux ailes de l’insan^rie. 11 y a dans le texte: les ar-més à la lé gère des Carthaginois & les Numides reviennent à la tête de leurs gens , son-dent sur les flancs des Romains , y mettent le désordre ; ce qui ne laisse aucun lieu de dou-ter qu’Annibal cacha un corps de Numides (10) &une partie de fes armés à la légére(11) derrière fa cavalerie, le reste ( 12) entrelaifé entre les escadrons, de peur que Sem-pronius,, se voiant trop débordé, ne prît des mesures pour s'empêcher d’être pris enflanc & envelopé ; au lieu qu'en lui présentant un même front parallèle, & cachant lereste, il ne s’apperçut pas deTardsice de cette disposition. Tout ce qui se passe,dans le commencement & dans les fuites de. ce combat, prouve évidemment maconjecture.
L’infanterie légére de part & d’autre fit l’ouverture de cette fameuse journée ; matscomme ces sortes de troupes ne combattent que par escarmouches & par- retraites réci-proques, elles fe retirèrent dès que les deux armées s’c-branlérent & marchèrent l’unecontre l’autre.
Le choc fut furieux &le combat très-obstiné. Le plus fort fut aux ailes de Pinson-terie. II fut moins vif & moins engagé dans le centre des deux lignes. II paroît, parce que dit l’Auteur, qu’Annibal évita de donner dans le corps de bataille. II eípéroitd’avoir bon marché du reste ,.s’il pouvoir rompre les ailes de !’infanterie& les envelo-per. II ne douta jamais que la victoire ne se déclarât de ce côté, & que sa cavalerievictorieuse ne lui fût d’un grand secours après la déroute de celle des Romains.
Pendant que l’infanterìe s’engage, la cavalerie Carthaginoise fond sur celle des Ro-mains, la tourné & la charge avec une telle furie, qu’elle l’enléve hors des ailes de soninfanterie : une partie fe met à ses trousses, pendant que l'autre tourne tout court furles flancs de Ion infanterie; l’armure légére, jointe à cette cavalerie, preíse très-vive-ntent les Romains, pendant que les pesamment armés les chargent & les éléphans lesattaquent de front.
Cette brave infanterie,, dépouillée & dépossédée de fes ailes,&abandonnée de facavalerie, se défend avec un courage,. ou plutôt avec une fureur désespérée. Ellefait tout ce qu’on peut attendre de gens qui cherchent à réparer la sottise du Géné-ral , & la honte de ía cavalerie.
Le combat continuoit avec beaucoup de vigueur Lc avec une égale opiniâtreté, lors-que les Romains s’apperçoivent qu’ils font tombés dans une embuscade. On voit pa-roìtre tout à coup le corps de cavalerie & d’infanterie A, embusqué dans les endroitscouverts un peu en delà des ailes de l’armée Romaine. Ce corps íè jette dans la plaine,s’y forme, & fond subitement sur ses derrières. Un événement si extraordinaire lesétonne, les maires (1.3) ne voient point d’autre parti à prendre que de paiser dans lesespaces des Princes, & de s'alligner avec eux pour faire front de ce côté.
Cette dernière attaque à dos de la seconde ligne ne laissent plus aucune espérance aucentre de la première, & voiant d’ailleurs leurs ailes à demi rompuës& prêtes à fuir, < 5 teux fans espérance de retraite du ôté de leur camp, ils crurent trouver leur salut dansune grande résolution & un puissent effort. Us s’y déterminèrent & chargèrent arectant de. vigueur & de violence, qu’ils enfoncent tout ce qui est devant euxrouvrent,