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Tome quatrieme.
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î4-o HISTOIRE DE P O L Y, B‘ E,

le corps de l’armée des Alliés, qui le croioit déju victorieuse, & quife trouvais pout-itant dans un íì grand désordre, qu’il eût été ailé h nos troupes, fi elles eussent priíla résolution de sortir du village en hon ordre, de faire une retraite honorable & dese joindre h notre gauche, qui. ne s’etoit retirée que par le malheur de la droite.Mais malheureusement cette espèce de peur, qui produilìt un fi grand effet-sur lecœur des soldats Romains, n’avoir point gagné les nôtres: ils vouíoient- bien-sortirdu village & se retirer en gens de cœur; mais les Chefs , qui le trouvèrent a u 18étonnés que l’Empereur Théophile, s’oppoférent toujours à ce que les soldats defi-roient ie plus ; la peur leur cloua les pieds dans ie village, ëc les fit rendre honteusement.

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Fautes de Sempronius ..

C 'est une imprudence d’cntreprendrc les choses douteuses lorfqu’on peut attendradu rems &. de l’occalìon,. & qu on est. en état par- des moim-mtns bien cor>cercés d’ohliger fi>n ennemi d’abandonner un. terrai n avantageux &. favorable à Parmefur laquelle il se confie le plus. Rien n’èmpêchoit Sempronius de décamper,. &-d’c»bliger le Général Carthaginois d’en taire autant, & de Fattirer d.ns un païs moins la»vorable h la-cavalerie,ce qu’il pouvoit faire fans abandonner la Trébie. Rien ne Fo->bltgeoir de donner bataille. Lorsque le retardement augmeme le mai & lesdistieultés rle délai est alors plus blâmable que l’jmpaticnce; mais on ne volt rien ici qui p ni fie.justifier celle du Consul Romain, qui s'embarque dans une action générale lans au-> -cune raison. La guerre ne se fait pas avec une vìteilè inconlidérée. Une remise faiteà propos nous épargne souvent de grands maux, fauve quelquefois un Etat ; au lieuqu’une précipitation imprudente le ruine ou le mec en péril., l^uand la necelíìté, oudes raisons importantes nous obligent, à combattre, le mai que l’on ne peut éviterporte avec foi son excuse; mats dans cette affaire-ci la faute du Consul Ron ain neIçauroit se couvrir ni s’excuser.. II avoir mille raisons qui Fengageoicnt à ne rien t-n*>treprendrc. Notre Auteur nous en fait voir toute la Force:

Ceux qui font leur capital áè chercher de la gloire & de Fcstime parieurs actions,ne rencontrent au bout du compte que la honte & du mépris, Jortqu’Hs agissent conn-ue la prudence & les avis des gens sages , qui connoiísenc l'état véritable des affairesde l’c-nnemi & la nature de leurs forces. 11 eil.cerr.un que tout ce que dit Scipion àSempronius, pour le diliùader de combattre., étoit fonde fur cette connoissince. Ilétoic impossible que celui-ci ne fût pas au fait fur cet article. Rien aise d’ètre instruitdu nombre des ennemis, fans trop s’embarraíTer du génie du General & de ia quainéde ses forces, & ne volant pas plus clair dans les - siennes , if s’imagina qu’il n’avoicqu'à se présenter pour vaincre, sans prendre aucune des. mesures nécessaires à Fexécuntion d’un grand dessein : les précautions & les sûretés lui paroissoient une- espèce desoiblefiè & de timidité, & il croioit qu’il n’y aveit rien au-delà de.ee qu'ii pouvoit-imaginer'lui-môme pour s’cmpècher d’être battu.

Le premier point d''habileté , dit un-Ancien y efì d’examiner fi-même ce qu il ejl à.propos de. {dire , & le. second,de fui ire un bon conseil. Sempronius so gouverna de telle,forte,qu’il ue fit ni l’un ni l’autre.. S’il étoit si friand de combat, rien ne 1 empëchoic.d’attendre du tems & de Foccafivn,dont :! étoit ìe maître , & de fibre les choses avec.moins de précipitation, ou tout au moins de donner le tems aux troupes & aux che-vaux de repaître. Cette faute, toute grossiárequ’elle est, ne laisse pas d’être assez or-dinaire aux. Généraux iniprûdeoà; &. malhabiles*- Ii d t dangereux defaire combattre des-