f»
140
HISTOIRE D E P O L Y RE,
qnadrent parfaitement au sujet que je traite, dont Pan est. ancien & i'autre moderne,.Thucydide ( a) me fournit le premier. Je tire l’autre des Mémoirees de Pontis: il n estpas moins instructif que le premier.
Les alliés d’Athénes, informés qu’Euryloque droit de leur côté pour les combattre,prièrent Démosthéne, Général Athénien, de venir à leur secours & de se mettre à leurtête. II les joignit bientôt ,, avec deux cens Mestëniens pesamment armés, & soixan-,, te archers d’Athénes. Il s’avançi donc, Lt vint camper près des ennemis, dont il„ n’étoit séparé que par une grande ravine. Après avoir demeuré cinq jours «n pré-„ scnee, sans rien faire, ils se battirent le sixième. L'armée d’Euryloque, comme„ plus nombreuse, outrepasibit d’un côté le front de la bataille de Démosthéne, qui„ craignant d’être envelopé de ce côté-là, cacha quatre cens soldats dans un chemin„ creux & couvert de bui(Tòns,qui étoitsur l’aile pour prendre les ennemis en queue,, lorsqu’ils voudroient l’investir. t Il étoit.à son aile droite avec les MeíTéniens & seg„ Athéniens. Les Arcamaniens avoient la gauche, avec quelques gens de trait d’Ar-„ gos. Pour les ennemis, ils étoient rangés pêle-mêle, tant Péloponnésiens qu’Am-„ braciotes, hormis ceux de Manrinée, qui étoient vers le milieu de leur aile gnu-„ cbe, dont.-Euryloque avoit la pointe avec ses troupes, vis-à-vis des MeíTéniens &„ de Démosthéne. Comme il tourna donc pour l’investir, l'embufcade se levant, le„ vint prendre à dos, & le mit en fuite avec une grande partie de l’armée, étonnée„ de fa défaite. C'est la que les MeíTéniens firent merveille. Mais ceux d’Ambracie,„ les plus belliqueux de tous ces quartiers, & les autres qui étoient à l’aìle droite,„ renversèrent tour ce qui étoit devant eux, & les poursuivirent jusques dans Argos.„ Au retour, comme ils virent leur aile gauche.rompue,& l’ennemi qui venoit fon-„ dre fur eux, ils rentrèrent en confusion dans Olpe: car plusieurs surent tué-a„ dans la retraite, & il n’y eut que les Mantinéens qui la firent cn bon or-„ dre.
Je n’ai jamais fait grand cas , ni ajouté beaucoup de foi aux lettres que les Généraux.d’armées écrivent à la Cour après la perte ou le gain d’une bataille,ou une entreprisemanquée. II n’y a ordinairement que des fauílètés, qu’ils ont intérêt d’y fourrer; foie.pour se disculper de leur mauvaise conduite, aux dépens de la réputation de ceux qu'ílsemploient à l’exécution de leurs ordres, soit pour s’attribuër tout le succès, & tout, oudu moins la plus grande partie déshonneur de la journée, lorsqu’elle a réussi, & omet-tent souvent les actions de ceux qui se sent ie plus signalés,& auxquels ils doivent toutle succès d’une bataille, qu’ils cuisent perdu fans eux: ce que je n’ai que trop souventremarqué dans ces sortes de pièces que me sont tombées entre les mains, lorsque j’a-vois été témoin du contraire. Tout cela m’a jetté dans une telle défiance fur ce qu’ils-écrivent, que j’ai cru n'avoir rien de mieux à faire que de m’en rapporter aux lettres& aux relations des Officiers particuliers, qui n’ont guéres d’intérêt de mentir, lors-■qu’ils écrivent à leurs amis. C’est fans doute le meilleur parti qu’un Historien puiíseprendre. Elles peuvent donner de grands éclairciísemens en les conciliant ensemble:ce qui n'est pas difficile à un homme du métier lorsqu’il veut se donner cette peine,& qu’il aime Ja vérité, bien que ces sortes d’événemens soient un peu éloignés cteson tems. ’ *
Telle est la victoire de Castelnaudari,que le Maréchal de Schomberg remporta fur-Gaston Duc d’Orléans en 1632. ou plutôt fur M. le Duc de Mintmorenci. J’y trou-ve des variétés extrêmement embarrafiantes. II y a des circonstances peu importantesdans certains Auteurs, & d autres qui le sont beaucoup. L-e Maréchal de Schomberg
Thucjd. l. Us.