LIVRE Iir. CHAP. XV.
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envoîaau Roi le détail de cette bataille orné de circonstances qu: ne se voient pas dansles lettres & Jcs relations dés Officiers particuliers qui fe trouvèrent dans cette action,A,qui iont venues jufqu’à nous ; ce qui me donne un grand soupçon de la sincérité duGénéral de Tannée, quoiqu’ii paroisse un grand art de modestie dans ce qu’il écrit,ou pour mieux dire un très-grand art dans les éloges qu’il 1c donne, tant il l'çait bienles couvrir; cela fait que je m’cn tiens plutôt au rapport de Ponds, qui fut témoin dece qui sc passa dans cette journée. Je citerois volontiers le Maréchal nonobstant madéfiance, fi je ne craignois prolixité, Le narré de Ponds m’accomnlode beaucoupmieux, parce qu’il est plus court, & que'je n’ai besoin que de Pembuscadc, qui saituniquement h mon sujet, & qui sut Punique cause de la perte de cette bataille: caron eût pû en réparer le mal, íì M. le Duc d’Orléans n’eût pas désespéré du succès del’entrepnse. Voici le fait, qui mérite d’avoir place-ici t car c’est un des plus mémora-bles du régné de Louis XIIT. •
„ L’armée du Maréchal de Schomberg, dit Vomis , qui n’étoit què de six à sept mil-le hommes, marcha vers la ville de Castelnaudari, qui tenoit pour Sa Majesté. Cel-le de Monsieur & du Duc de Montmorenci, composée de treize mille hommes, vintà trois lieues de celle du Roi. Mais il y avoit entre les deux armées de grandes ra-vines & des fondrières,qui nous assuraient beaucoup dans le désavantagé que nousavsens à cause de notre petit nombre. II se trouva environ à un quart de lieuë de Tiau milieu de quelques vignobles une maison vuide & commode h poser un corps-dc-' garde;parce que le lieu étant élevé,on pouvoit découvrir toutes les démarches de„ ì’ennemi. Le Maréchal de Schomberg y envola un Sergent & quelques Officiers,„ avec ordre de sc retirer en cas qu’on les y attaquât. Cependant le Duc de Montmo-„ renei,qui s’étoit avancé avec cinq cens hommes pour reconnoîcre la posture de notre„ armée, crut qu’il pourroit bien y avoir là quelque corps-de-garde. II l’alia charger„ auffi-tôt. On lui abandonne le poste, & il y met cent cinquante hommes. Nocrearmée ne branloit point. Le Maréchal de Schomberg vouloit attendre l’attaqne. II„ se trouvoit le plus foible, & la ville de Castelnaudari étoit pour lui une retraite ai-„ sûrée dans le besoin, ....
„ Dans le tems que le Duc de Montmorenci se difposoit à s'approcher, le Maré-„ chai de Schomberg range l’on armée en bataille devant la ville de Castelnaudari. UnGentilhomme du pais âgé de soixante-dix ans, vint alors dire,que si on vouloit lui„ donner cinq cens mousquetaires & trois cens chevaux, il répondoit de la victoire,„ & qu’il déseroit l’armée des ennemis, en leur drefiant une embuscade auprès d’un„ pont, fur lequel ils dévoient palier en venant attaquer l’armée du Roi. Le Maréchal„ de Schomberg écouta l’avis du Gentilhomme avec joie, & crut qu’il ne pouvoit pas„ manquer cn le suivant. Car enfin il ne hazardoit que huit ou neuf cens hommes„ pour toute l’armée du Roi. II commanda 2 M. de Saint-Preuil, à quelques autres„ Officiers & à moi de suivre le Gentilhomme avec cinq cens mousquetaires des gardes„ que nous avions amenés à l’armée, & il y ajouta trois cens chevaux. Le lieu sc trou-„ va en esset fort propre à une embuscade. C’étoient des fondrières , des chemins creux„ & des fossés auprès deíquels l’armée de Monsieur devoir nécessurement palier pour,, aller gagner le pont. Nous plaçons ces mousquetaires dans les lieux creux, où ils„ ne pouvoient être vus, & la cavalerie en un endroit plus élevé,parce qu’elle avoit„ ordre d’attaquer,afin de conduire & de faire tomber les ennemis dans l’embusca-„ de de l’inianterie, rangée de telle forte, qu’elle pouvoit faire en fort peu de tems
„ une décharge de cinq cens coups de mousquet..
,, Le Duc de Montmorenci aiant persuadé à Monsieur de s’avancer avec l’armée,v nonobstant la pique qu’ilsavoieut euë,marchoic à la tête de l’avantgardc, & denié-