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Tome quatrieme.
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LIVRE III. C II A P.

Le Prince Robert,résolu de faire lever le siège d’Yorck

XV.

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raires alsiégeoient, marcha de leur côté. A cette nouvelle ils sortent de leurs lignes,& vont au-devant de lui. „ Le Prince *tes rencontra en bataille dans la plaine de Mor-„ stonmor. Les Fairfax commandoient 1 aile droite, le Comte de Mancheíler lagau-„ che, Leslé avec lesEcosl’ois étoit posté entre les deux. Newcastle étoit sorti de la„ place pour conférer avec le Prince. Plusieurs étoient d’avis d’attendre l'arrivée de,, Montrofe, qui étoit en chemin; mais le Prince ne fe démentant point dece tempé-„ rament ardent, qui lui a tant fait faire de fautes, voulut combattre fins retardement,„ & traita mctne assez mal Newcastle, qui apparemment n’étoit pas de son avis. Ce,, fut le premier jour de Juillet que fe donna cette bataille, la plus sanglante, & lunedes plus décisives qui fe soient données durant cette guerre. Le Prince conduifoit„ l'aîle gauche de son armée, le Comte de Newcastle la droite, Goring,Lucas,En-„ dvmicn, Portes, commandoient des troupes entre deux. La victoire sembla d’a-bord s’étre livrée fans balancer à tout le parti Roialiste, les trois Généraux Parlcmen-taires aiant plié en même tems, & s'étant retirés en déroute. Ce fut en cette con-,, joncture que Cromwel commença h paraître, &à montrer un de ces talens quiauroient lait de lui le premier homme du monde, si son ambition n’en avoitfait le,, plus scélérat de tous les hommes. 11 commando! t fous Manchester les troupes de ce„ Général. II avoit été blessé touc d’abord, il s’étoit allé sistre panser. Dès qu’on„ avoit eu mis l’appareil, il étoit retourné au combat, où il avoit trouvé les choses

„ dans letat que je viens de dire. Tout autre auroic suivi le torrent, & fe feroit

„ laissé entraîner par des exemples qu'il n’étoit pas honteux de suivre, & à chercher„ son salut dans la retraite. Cromwel fit voir ce que peut un esprit éclairé quand il„ est secondé d’un grand courage. II avoit d’abord remarqué que le désordre étoit égaî,, parmi les vainqueurs & parmi les vaincus : ceux qui pouríuivoient ne gardant plu*

de rangs, non plus que ceux qui étoient en fuite. Cette observation lui fit com-

„ prendre, que s’il pouvoit ramasser un corps qui retournât à la charge & fe tint ferré,„ il ramènerait infailliblement la victoire dans son parti. II raisonna juste. 11 avoit„ encore une brigade de reste, à la tête de laquelle il fe mit : & secondé de David,, Leslé, parent du Général Ecosiòis, il donna avec tant de furie, mais en même tems„ avec tant d’ordre fur les troupes Roialistes, qui n’en gardoient plus, qu’il les mit,, à leur tour en fuite, prit leur bagage & leur canon, & demeura maître du„ champ de bataille”. II y a une infinité de batailles perdues qui ont été gagnéespar de pareilles résolutions. L’Histoire ancienne & moderne est remplie de ces fortesd’exemples.

§- IV.

Régies pour la guerre défensive.

J ’Ai dit ailleurs qu’un Général d’armée ne doit jamais s’embarquer dans une actiongénérale, ni même former aucune entreprise douteuse fans de grandes raisons : c’étoitla maxime du Général Larmier, un des plus grands Guerriers de ion siécle. Les raisonsde Scipion étoient démonstratives, tout autre que Sempronius en eût connul’évidence;mais que peut-on attendre d’un homme quin’aquede la valeur fans expérience , disonsplutôt, plus fanfaron que courageux? Sa conduite ne le fait que trop voir. Je remar-que tant d’imprudence & de présomption, toujours compagne de l’ignorancc, danstoutes fes démarches, qu’il est visible que la tête lui tourné dès qu’il eut passé la ri-vière, tant cette entreprise étoit au-defius de son intelligence. On doit encore moins

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