Band 
Tome quatrieme.
Seite
154
JPEG-Download
 

154 - HISTOIRE V E POLYBE,

•

CHAPITRE XVI. -

'Préparatifs des Romains pour réparer leur perte. Exploits de Corn.Scipion dans P Espagne. Adresse d’Annibal pour attirer à J on partiles Gaulois . EaJJage dit marais de Clujìum.

S Empronius, pour cacher fa honte & fa défaire, envola des cour-riers à Rome, qui n’y dirent autre choie linon qu’il s’étoit donnétme bataille, & que fans le mauvais tems f armée Romaine eût empor-té la victoire. D’abord on ne pensa point a fe défier de cette nouvelle.Mais on apprit bientôt tout le détail de faction, que les Carthaginoisoccupoient le camp des Romains, que tous les Gaulois avoient fait al-liance avec Annibal, que les légions avoient fait retraite & s’étoient ré-fugiées dans les villes, & qu’elles n’avoient de munitions que ce quileur en vénoit de la mer par le Pô. On fut extrêmement surpris d’unévénement ÍI tragique, & pour en prévenir les suites on fit de grandspréparatifs pour la campagne suivante, on mit des garnisons dans lesplaces,on envoia des troupes en Sardaigne & en Sicile,on en fit mar-cher auQi à Tarente, Sc dans tous les postes les plus propres à arrêterl’ennemi, l’on équipa soixante quinquerémes. Un choisit pour Con-suls Cn. Servilius & Caius Flaminins, qui firent des levées chez les Al-liés, & envoiérent des vivres à Ariminum Sc dans la Tyrrhénie, oùla guerre devoit fe faire. 11s dépêchèrent aulfi vers íìiéron pour lui de-mander du secours, Sc ce Roi leur fournit cinq cens Cixtoh & milleRondachers. Enfin il n’y eut point de mesures que l'on ne prît, pointde mouvement que l’on ne fe donnât. Car tels font les Romains engénéral & en particulier; plus ils ont raison de craindre, plus ils fontredoutables.

Exploits Dans la même campagne Cn.Cornélius Scipion, k qui Publius íbnfie Corn. f^ére avoit laissé, comme nous avons déja dit, le commandement deà'O-Lk.farmée navale, étant parti des embouchures du Rhône avec toute fapagne, flotte, Sc aiant pris terre en Espagne ( a ) dans le Lampourdan, assiégea

(a) Pris terre en Espagne dms le Lampourdan.'}La conduite de Péridés,d’Agarhoçles,d’Annibal,de Scipion, & de tant d’aut'res grands hommes,marque visiblement qu’i! est souvent & presquetoujours avantageux de porter la guerre chez au-trui, 6c plus encore lorsqu'on se voitattaqué dansfón propre pais, c’sst alors que la diversion est

nécessaire, & un acte de la plus grande prudence.On est toujours en ét.ct au commencement d’uneguerre d’agir puissamment' 6e vigoureusement,parceqit’on n’est point épuisé par les longueur»d’une guerre , les coffres font ordinaip nv. ntpleins, la guerre est toujours courte lorsqu’eH'eest grosse, en doubiant les préparatifs, on appro-