1*6 HISTOIRE D E PO L T B E,
les terres à la tête de son armée, qu’il a volt déja grossie de beailòoiîpd’sspagnols devenus ses Alliés,.à mesure qu’il avançoit dans le pais,tantôt il recevoit dans son amitié, tantôt il-prenoit par"force les villesqui se rencontròient lur ía route. A Cisse,Hannon à la tête d'un corps
nécessaire pour.un si grand projet: le reste dé-pend du courage & de la hardiesse, & je fuis per-suadé qu’on manque plutôt de l’un & de rautreque de? moiens & de l’esprit.
Les diversions qui lèvent un peu la tête au-dessus des communes font rares r ‘il faut que jel’avouë. L.e Comte-Duc d’OIivarés s’en étoitmis une en tête en 1637 qui me donne une fortgrande idée de son esprit & de son-génie. Ondira tout ce qu’on voudra,elle n'étoit pas fansfondement. On me permettra, je m’assùre, derapporter un peu au long ce qu’un Historien (a)nous en apprend- Ce Ministre Espagnol s’imagi-naqu’en attaquant diverses Provinces dela Fran-ce, „ Philippe forceroit Louis XIII. à retirer,, desPaîs-Iins une partie de fes troupes ; queSa,, Majesté Catholique profiteroit du mécontente-,, ment presque général des peuples, ócqu’à iafa-,, veur de cette diversion le Cardinal Infant & ies,, Généraux de l’Empereur pénétreroient bien„ avant dans la Picardie, dans la Champagne &„ dans la Bourgogne. Quelque spécieux que fut,, ce projet, les gens habiles & pénétrans en re-,, connurent l’illusion : quelques-uns remontré-„ rent au Comte-Duc qu'en attirant les forces„ principales de la France dans les endroits, les,, plus foibles de la Monarchie d’Iàfpagne, le„ Roi son Maître fe verroit bientôt dans la né-„ cessité de rnppeller ses meilleures troupes &j, fcs plus excellens Officiers au cœur de fes„ Etats attaqués, & donneroit moien au Roi de,, France, capable de mettre plus d’une armée,, fur pied , & aux Etats Généraux des Provin-,, ces-Unies de faire des progrès considérables„ dans les Païs-Bas, pendant que Louis fe tien-„ droit ailleurs fur la défensive, & avanceroit„ peut-être du côté de h Gttienne à. du Lan--, guedoc. L’inutilité des dépenses excessives de,, l’année dernière devoir dégoûter la Cour de„ Madrid d’une pareille entreprise”.
L’Auteur que je cite, qui prétend imiterTacite, réussit souvent fort mal. Ce projet duComte Duc d’Olivarés, qu’il appelle spécieux,n’ctoit rien moins que ce qu’il dit. Voilà com-me les esprits timides & trop fins font échouerles desseins les mieux fondés & les plus capa-bles de nous tirer des plus grands embarras. 11n’y avoit qu’à entrer dans le pals, ils étoientalors maîtres des passages des Pyrénées. Louisse fût trouvé le plus surpris du monde, il eûtenvolé fes principales forces dans la Guienne &dans le Languedoc; qui en doute? Cette défen-
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siva est imaginaire. Jamais l’armée de Louisn’eût pû tenir la campagne contre le CardinalInfant, infiniment supérieur, encoTe moins con-tre celle de l’Empereur Le Roi étoit cn étatde lever plus d’une armée, je l’avouë; mais unearmée ne fe iéve pas dans une campagne, ilfat.t remettre la partie à 1?; suivante, k .perdanttonteetems là l’Efpagnol étoit en état de faire,tout ce qu’il lui plaiíoit dans un païs où le mé-contentement étoit général.
L’Auteur n’y pense pas, lorfqu’il ditque f’Ef-,pagnoi fe feroit attiré les forces principales dela France dans les endroits les plus ioible^ del’Efpagne; qui lui a dit cela? Cette frontièrenous étoit impénétrable en ce tems-là, & lespassages des Pyrénées fermés par de bonnes pla-ces & par des pas très - difficiles L’inutilité
des dtpenjes excejjives de la campagne précédentepour une irruption cn Guienne , devoít dégoûter la .Cour de Madrid d'tme pareill» tntreprije. C’cstmal raisonner: une entreprise échouée par la sot-tise de ceux qui cn ont été chargés, n’est pasune preuve qu’tine autre échouera. Parlons sin-cèrement, ce projet du Ministre Espagnol étoit-d’un habile homme: fçavoir s’il eût trouvé desgens capables de l’exécution, comme nous eneussions trouvé. Si nous nous étions mis en tê-te une diversion par nier beaucoup plus sûre &plus profonde pendant le cours des deux guer-res de 168H. & dans la dernière guerre de 1701.c’est une autre affaire. Pour nous dans cesdeux guerres nous étions en état de suivre lamaxime de Scipion , on l'.ivoit dit ou proposé.J’ai de la peine à me le persuader pour 1 hon-‘nc-tir du Ministère. Fions devions puissammentagir en France. On le fit autant qu’i! depen-doit de ceux qui étoient au timon bcs affaires;mais cela ne fuffifoit pas pour tarir les sourcesqui fournissount à nos ennemis toutes les res-sources pour la continuation de la guerre, k furtout dans la dernière, qei faiiiit à nous accabler.Ces ressources étoient dar.s les Indes. On n’ajamais voulu comprendre qu’on eût pû fort ai-sément ruiner le commerce des Ang'ois & desHoliandois dans ce païs-là, non k-ulement cncouvrant les deux meis de not Corsaiies, cn leurabandonnant tontes les prises qu’ils feroient,fans que l’Amirauté ni qui que ce doit y pûtrien prétendre;mais encore en mettant 'en Cor-saires tout cc que nous avions de vaisseaux deguerre, k pour cacher ce dessein lesenvoicr endissérens ports, où ils eussent armé. ils fe fus-sent tous donnés un rendés-vous à certain en-droit pour fe partager ensuite, une partie fur