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Tome quatrieme.
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LIVRE' III. CHAP. X'VI. 157

dé Carthaginois vint camper devant lui, Cornélius lui donna Bataille,la gagna,' & fit. un butin très-considérable, parce que c’étoit là qu’a-voient laissé leurs équipages tous ceux qui étoient passés en Italie. Ou-tre cela il se fit des Alliés de tous les peuples d’en-dèça de l’Lbre, &prit prisonniers Hannon même & Andobale, qui commandoit les Es-pagnols.- Celui-ci avoit une espèce de Roiaume dans le palis, &c avoittoujours’ été fort attaché aux intérêts des Carthaginois.

Sur Pavís qu’Asdrubal reçut de ce qui étoit arrivé, il passa l’Ebre &courut au secours. Les troupes navales des Romains n’étoient point engarde', elles se tranquillisoient sur l’avantage qu’avoit remporté l’arméede terre II saisit habilement cette occasion, fait un détachement d'en-vironhuit mille hommes de pied & mille chevaux,il surprend ces trou-pes dispersées de côté & d’autre, en passe grand nombre au fil de l’é-pée, & pousse les autres jusqu’à leurs vaisseaux. 11 se retire ensuite, &repassant TEbre, il-prit son quartier d’hiver à la nouvelle-Carthage,oùil donna tous ses foins à de nouveaux préparatifs, & à la garde des pa '13d’en-deçà du fleuve. Cn. Cornélius de retour à là flotte, punit selon lasévérité des loix ceux qui a voient négligé le service ; puis aiant réuni lesdeux armées, celle de mer & celle de terre,il alla prendre ses quartiersà Tarragone. Là partageant le butin en parties égales aux soldats, ilse gagna leur amitié, 6c leur fit souhaiter avec ardeur que la guerre con-tinuât. Tel étoit í’état des affaires en Espagne.

.Le Printems venu, Flaminius se mit en marche, prit fa route par la AdresséTyrrhénie.& vint camper droit à Aretium,pendant que Servilius s’en ^ nn 0 ^ rfut â Anminum pour fermer aux ennemis les passages de ce côté-là. ardrer"!Pour Annibal, en quartier dans la Gaule Cisalpine , -il retenoit- dans son parudes prisons les prisonniers Romains qu’il avoit faits dans la dernière ba- joj s . G:m ’taille, & leur donnoit à peine le nécessaire; au lieu qu’il usoit de touteia douceur possible à Pégard de ceux qu’il avoit pris fur les Alliés, illes assembla. un jour, & leur dit que ce n’étoit pas pour leur faire laguerre qu’il étoit venu, mais pour prendre leur défense contre les Ro-mains: qu’il faîloit donc;s’ils entendoient leurs intérêts, qu’ils embras-sassent son parti; puisqu’il n’avoit passé les Alpes que pour remettre lesItaliens en liberté, & les aider à rentrer dans les villes & dans les ter-res,, d’où les Romains les avoient chassés. Après ce discours, il lesrenvoia lans rançon dans leur patrie. C’étoit une ruse pour détacherdes Romains les peuples d’italie, pour les porter à s’unir avec lui &soulever en fa saveur tous ceux dont les villes ou les ports étoient sou-mis k la domination Romaine.

les Indes Orientales, & I’autre en Amérique, dre même fur Batavia. Par ces deux diversionsoù fans rrop s’amuser à courir sus aux mar- on coupoit la bourse à deux Puissancc-s qui nechands, ils eussent pû tenter des desseins capa- peuvent rien,si on peut venir à bout dedétrui-bles de ruiner entièrement k-ur commerce par re leur commerce. On ne ie peut d’autre façon,la destruction de leurs Colonies, & d’entrepren- & cela se peut faire aisément.

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