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Tome quatrieme.
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LIVRE III. C II A P. XVII. i 9ì

contre ceux qui en soupçonnant quelque chose, & en imaginant quelque autre pourse défendre où se précautionner, tombent dans le piège qu'ils n’attendoient pas. Maiscelui qui ne soupçonne rien, qui n’imagine rien, ne donne point prise à ceiui'quícherche à le surprendre: comme à la lutte celui qui ne fait aucun mouvement ne„ donne aucun moien à son adversaire d’emploier aucun des tours qu’il a appris”. Plu-sieurs grands Capitaines ont pensé comme Agéíilas: s’ils n'on t pas pris cette penséedans Plutarque ou dans Thucydide, & quelle forte de leur cru,ce font des gensd'u-ne expérience consommée, qui pensent très-bien & très-juste.

Voilà bien des autorités contre lesquelles les Romains n'ont pas le mot a dire. Caf-trucio, qui étoit un grand Capitaine, & d’un génie peu différent de celui d’Annibal,disoit que tant qu'on peut vaincre par la ruse , il ne falloit pas emploier la force: quece n'étoit pas la maniéré de vaincre , mais la victoire, qui portoit un Conquérant à tagloire. J’ai emploié quelque part cette maxime; mais elle vient à propos.

Quoique les saints Pérès n'aient rien à démêler ici, je citerai pourtant un paslàgequi n’est pas trop favorable aux Romains. Il fait cependant poids. Grotius mefournit cette autorité. licite Saint Jean Chryfostôme, qui dit que les Empereurs-qui avoient usé de surprise pour remporter la victoire , étoient extrêmement louables. ■En un mot les loix de la guerre permettent toutes sortes de tromperies & de strata-gèmes, pourvu que la trahison ne s’y fourre- pas.

11 n’y a pas de ruse plus commune que celle des embuscades, ni rien de moins ra-re que de s’y laitier prendre avec toute son armée. Nous finirons ces Observations Istrles fautes des Romains par quelques exemples qui aient rapport à l'affaire de Thraíy-méne, pour passer ensuite à quelques remarques fur la conduite du Général Carthagi-nois, qui mérite bien que nous nous y arrêtions un peu,

„ Sévérien Gaulois de nation, dit Tillemont dans son Histoire des Empereurs ", fous„ le régne des Empereurs Marc Aurèle & de L. Vérus, alla consulter dans la Paphla-„ gonie l’imposteur Alexandre, pour sçavoir s’il devoir aller dans l’Armenie. L’im-„ posteur lui promit de grandes victoires fur les Arméniens & fur les Parthes. Enflé,, de cette espérance, il entra en Arménie avec une armée Romaine de plusieurs lé-„ gions, &• campa en-un lieu nommé Elégie. Mais les Parthes aiant paru, ils letinrent enfermé dans ce lieu durant trois jours, l’attaquérent à coups de traits, Lc-tuèrent tous les Romains, soldats & Officiers. Sévérien y périt aussi, s’étant ap-paremment tué lui-même de son épée. Dion attribue cette victoire à Volgéte : maisil la remporta par Oseoé, qui pouvoit être quelque Prince de fa Maison, à qui il ■vouloir donner l’Armenie, •

,, Lorsque Pérose marcha contre les Nephtalites, dit le Président Cousin (s), iíavoit à fa fuite un Ambassadeur de l’Empereur Zenon, nommé Eul'ébe. Les Neph-talites firent semblant d’appréhender la venue de leurs ennemis, & s’enfuirent dansun lieu touc environné de montagnes entrecoupées & couvertes de forêts. II parois-soit au milieu un chemin assez large, mais qui n’avoit point d’istùë, & qui se ter mi-nuit à ce cercle de montagnes. Pérose poursuivent témérairement les ennemis,fanssonger qu’il étoit sur leurs terres, & fans se défier d’aucun piège. Un sort petitnombre de Huns fuioient devant lui: les autres s’étoient cachés dans les lieux lesplus épais & les plus embarrassés,afin de venir charger son armée, lorsqu’ellcfe lé-roit engagée si avant dans cette chaîne de montagnes ,qu’elle ne pourroit plus s’enretirer. Les Médes ne s’apperçûrent du danger que quand il fut tout évident ; maisle respect qu’ils avoient pour Pérose les empêcha de témoigner leur crainte : si bien

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