19 s HISTOIRE DE POLYBE,
, qu’ils prièrent Eusébe d’averdrle Roi du péril dontils étoienc menacés, & de Tex-„ horter de pourvoir plutôt à leur lùre-cé,que de faire paroitre de la hardieílè hors desaison.
„ Eusébe aiant abordé le Roi, ne lui proposa pas nûemcnt la chose,máis il com-„ mença l’on discours par le récit d’une fable”, (que je ne citerai pas pour éviter pro-lixité.) „Quand Pérose eut entendu ce discours,ìi commença à appréhender de s’être„ engagé trop avant,pour son malheur, à ía poursuite de> ennemis, & il s’arrêta pour„ délibérer fur ce qu’il y avoit à fur.?. Cependant les Huns veno'en; par derrière, &„ s emparaient des pas des montagnes pour lui empêcher îa retraite. Alors les Médes„ reconnoistànt le danger extrême où ils étoient, déplorèrent leur misère, & perdi-,, rent toute espérance.
„ Le Roi des Nephtalites envola quelques-uns de ses gens reprocher h Pérose la„ témérité, qui le faisait périr si honteusement avec toute fa nation, & lui offrir de„ leur sauver la vie à tous, s’il vouloir fe posterner devant lui, Padorer comme son„ Seigneur,& promettre avec ferment que les Perses ne feroient jamais la gnerreauxNephtalites. Pérose demanda aux Mages qui étoient à fa fuite,s’il devoìtaccepter„ les conditions qui lui étoient offertes. Les Mages répondirent qu’à l’égard du fer-„ ment, il pouvoir le concevoir comme il lui plairait; mais qu’au reste il falloir user„ d'adreílè, & tromper l’ennemi. Que la coutume de leur païs étant d’adorer tout„ les matins le Soleil levant,il devoir prendre ce tems là pour aller trouver le Roi des„ Nephtalites,fe setter a terre pour adorer le Soleil, & éviter par ce rnoien îa honte„ & le reproche d’avoir adoré son ennemi.
„ II fie le fiertn nt, & fe poílerna de la maniéré que les Mages le lui avoient con-„ feillé. Puis il s’en retourna en son païs, fort aile d’avoir sauvé son armée.
Ces deux exemples font remarquables ; mais lì je m’en tenois toujours aux anciens ;jc sortirais du plan que je me fuis formé dans cet Ouvrage, & mes Lecteurs auraientdieu de trouver à reprendre à ma conduite. En voici un moderne, qui a aíîez de rap-port à notre sujet: c’est une embuscade d’armce,mais dans un païs différent,d’oùl’onfe retire, non pas fans perte & fans honte.
„ Le Comte deTilii ferrait de fort près Heidc-lberg en 1622. avec les troupes de,, Maximilien Duc de Bavière. Frédéric Roi de Bohême & Mansfelt passent le Rhin,„ & s’avancent vers cette place pour la secourir. Le Général Bavarois leve le siège„ de Dilsberg, à la nouvelle de la marche du Roi de Bohême, & fe campe à la tête„ d’une forêt près de Wifclotk, dans le dessein de disputer le passage. Mansfelt fçut„ le tirer d’un poste si avantageux, & le faire donner dans une embuscade. Après„ avoir mis l'on avantgarde à Mingelheim, & bien placé son artillerie, Mansfelt dé-„ tacha quelques escadrons., comme pour efcarmoucher avec les Bavarois. On s’atta-„ qua à plusieurs reprises, avec beaucoup de vigueur de part & d’autre. Les Pala-„ tins prennent leur tems & font semblant de céder aux efforts de l’ennemi. Tilli les„ poursuit chaudement avec ía meilleure partie de les troupes. & s’nvance jufqu’à„ Mingelheim. Mansfelt fond alors fur lui, & son artillerie bien postée incommode„ tellement los Bavarois, qu’ils font défaits presque en un instant. Mansfelt les pour-fuit, met farinée de Tilli en déroute, lui tuë deux mille hommes, fe re ;d maître,, de leur bagage & de leur artillerie,& fait un nombre considérable de prisonniers,& dégage en même tems la ville de Heidelberg.