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Tome quatrieme.
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212 HISTOIRE DE POLYBE,

„ s’étant contenté 6e prendre ferment des Capitaines, qu’ils fé rendroient le s s. de„ Novembre fur les confins de TAngoumois & du Périgord, pour marcher vers les„ Reistres. II garda feulement cinq cens-chevaux, & emmenant le Comte de Solfions„ avec lui perça dans la Gascogne, où le violent amour qu’il avoit pour la Comtesse de„ Guiche l’attiroit comme par force Je le trouve beaucoup plus pardonnable dansce qu’il fit au siège d’Amiens en 1505. quoique la faute ne soit pas petite: car cetteentreprise d’Amiens étoit la chose du monde la plus grave & la plus importante, II eutdû oublier là fa Maîtresse la belle Gabrielle ; de peur de ne pouvoir résister à la tentationde quitter son siège pour Palier voir, il la mena avec lui à Tannée, & l’eût gardéeauprès de lui jufqu’à la fin de cette expédition, s’il ne fe fût apperçû des conséquen-ces. ,, Mais il fut bientôt contraint, dit le même Historien, d’éloigner ce scandale de„ la vue des soldats, non seulement par leurs murmures, qui venoient jufqu’à ses oreiì-„ les, mais aufiì par les reproches du Maréchal de Eiron Revenons à Antoine, carst nous divertit trop par ses folies.

Après la campagne dont j’ai parlé, qui lui fut si honteuse, qu’il finit pourtant parune retraite de plusieurs marches, & que les Connoiíseurs regarderont comme une chose-digne d’admiration, l’on peut dire que ce fut là le dernier effort du dernier soupir deson ancienne vertu, il alla s’achever à Alexandrie entre les bras de fa chc-rc Cléopâtre,.& peu de tems après il donna des marques qu’il n’étoit pas feulement l’omhre d’un Gé-néral, mais le plus lâche de tous les hommes. La bataille d’AéHum en est une preuve-bien démonstrative: il la perdit avecd’autant plus d’iníàmie,que le Général contre le-quel il eut à combattre étoit fort au deffous de lui à T égard du courage: car Auguste,ne fut jamais accusé d’en avoir beaucoup, & guéres plus de capacité & d’expériencedans le. métier, ou du moins tout étoit médiocre en lui, & cependant Tennemi qu’ilméprise remporte une victoire signalée fur lui : que ce soit César ou plutôt Agrippa,.grand Capitaine, à qui la gloire de cette journée soit uniquement dûë, peu m’importe..II n'est pas difficile de comprendre que Tun ou l’autre ait pû réussir, si Ton considèreque nul d’eux n’eut aucun besoin de déploies & de mettre en œuvre tout ce que Tarea de plus grand & de plus fini pour vaincre un ennemi qui ne tient pas un moment, &qui s’enfuit comme un misérable : son infamie est d’autant plus grande, que se mettantà la tête de son. armée de terre, il étoit presque assuré de vaincre, & par (à victoire ladéfaite ou la fuite de son armée navale ne fervoit de rien à son ennemi r car enfin il n’yeut aucun combat. „ 11 n’y eut ni choc de vaisseaux, ni vaisseaux brisés dit Plutarque”.Les deux armées ne vinrent point à Tabordage, selon la méthode des Anciens; ainsitout demeurait indécis & incertain, tant que Ton ne prendrait pas le parti d’en veniraux prises. Les choses ëtoient c-n cet état, dit encore TAuteur; „ mais tout à coup„ on vit les soixante vaisseaux de Cléopâtre qui déploioient leurs voiles pour se reti-„ rer, & qui se mirent à fuir à travers ceux qui combatcoicnt. Les ennemis les re-„ gardoient avec étonnement, & les voioient poussés par un bon vent prendre„ le chemin du Péloponèse.

„ Alors Antoine fit voir manifestement qu’il n’avoit ni la prudence d’un Général,.„ ni le courage cTun homme, en un mot qu’il n’avoit pas son bon sens, ” (comme stces trois qualités s’étoient évanouies cn présence de Tamour;) „ mais comme quel-„ qu’un a dit en badinant que Tame d’un amant vit dans un corps étranger, il étoit„ entraîné par une femme, comme s’il eut été collé avec elle, & obligé de suivre tous,, ses mouvemens. Car il n’eut pas plutôt vû la galère de cette Egyptienne faire voi~,, Ie,qu’oublianc lur-tnêms, & trahissent & abandonnant ceux qui combattoient & qui„ se faifoient tuer pour lui, iî monta fur une galère n cinq rangs de rames, accompagné?> seulement d’Alexandre le Syrien & de Scelìius, & suivit celle qui 1 avoit déja ruiné,