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Tome quatrieme.
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LIVRE III. CIÍAR XVIL 2IZ

w & qui nlloit achever de le perdre, & qui le perdit en effet”. Je renvoie mon Lec-teur à Plutarque à l’égard de la mort de notre«amoureux, cela me fait grande pitié;sicet Ouvrage étoit sait pour les femmes ou pour les hommes qui leur reíîèmblent ; &qui se plaiíèntaux sujets bien tendres & fort passionnés,je l’iníërerois dans cette page.Quelle étrange passion que cet amour-, qui nous fait faire tant de folies! Qui est-ce quin’a pas éprouvé ce malheur une ou deux fois en fa vie, s’il n’est plus froid que lesglaces des terres Arctiques? Bien qu’il y ait beaucoup d’exemples contraires à monsentiment, je doute qu’il fe trouve aucun homme, à le prendre depuis le sceptre juí-qu’à la charrue, qui soit descendu dans le tombeau Je cœur pur & net de cette passion ;mais je doute beaucoup qu’auain Capitaine ait excédé plus énormément & plusforcement que le bon Antoine.

On dit que Venus & Mars font cousins, & qu’ils ont une telle liaison ensemble, quel’un ne voguera jamais fans l’autre. Jupiter ne me semble pas de cet avis-là par la ré-ponse qu’il fit à cette Décile, lorlqu’elle fe plaignoit d’une blessure qu’elle avoir reçueen courant au secours de son fils Enée. Qu’alliez-vous faire dans cc-tte galère ? lui ditJupiter. Est-ce votre métier que la guerre? Je vous ai laìffé l’amour en propre, c’estvotre fait, livrez-vous-y & de votre mieux, je n’aï garde d’y trouver à dire. Hélènefit à Paris un compliment tout semblable. Sans faire un jugement téméraire, Ju-piter étoit plus débauché qu’il n’écoit guerrier.

Si je voulois donner le catalogue des grands Capitaines qui (ê sont abandonnés auxfemmes en vrais corrompus, & que j’en mille un autre à côté de ceux qui les ont mé-prisées & chaílces de leur cœur comme capables de le gâter & de le perdre, & qufont regardé avec mépris ceux-là mêmes qui s’engageoient dans ces chaînes; ces derniersferaient furieusement pancher la balance ; & ce qui surprendrait peut-être, c’est qu’il's’y trouverait en tête de plus grands hommes que dans l’autre. Produisons un sujetde ce caractére-là , brave intrépide & grand Capitaine. Je le trouve dans le Maréchalde Gassion. Jamais homme ne haït plus les femmes que celui-là. On prétend que leComte de Tilli étoit si chaste, qu’ìl garda son pucelage jufqu’au tombeau. CharlesXII. Roi de Suéde ne lui fur pas moins fidèle. Ces deux Guerriers étoietit-ils deshommes ordinaires? Ee grand suranné n’alla jamais si loin que lesTillis & les Gaffions:il ne haït jamais les femmes ni les plaisirs,mais ceux-ci non plus que les autres ne lemaîtrisèrent jamais. 1! eut pû continuer dans ce train de vie sons craindre aucun re-proche, parce quïi quíttoic tout au besoin. Et quand la passion des armes eut pris ledessius, il y renonça bien vîte, & dar.s un tems où les passions fe trouvent dans leurforce. ■ Le Chevalier Baiard est encore recommandabîe par so pudìcicé-

Annìbal, que Justin regarde comme le plus grand Capitaine qui fut dans le monde,fut très-chaste & tròs-tcmpérant: tout au contraire des autres Historiens Romains, ilreconnoît en lui mille vertus. ,, II ne soupa jamais, dit-il^ï ur des lits de repos, & ne,, but point dans ses repas plus d'un demi fetier de vin : il joignit à cette sobriété une„ continence si exacte, environné qu’il étoit de tant de belles captives, qu’on ne Peu c„ pas-pris pour être né en Afrique”. Cyrus, Philopœmen, Scipion f Africain, Epa-minondas,Drufus frère de Tibère,i’JEmpereur Aurélicn,ont été des modèles de chas-teté & de tempérance, & tolis ces gens-fa font ce qu’il y a de plus grands Guerriersdans fantiquité, Si je donnois la. liste des voluptueux & des intempérans, elle feraitplus longue.

Ceux qui disent que la passion pour les femmes, & celle qu’on a pour lès plaisirs,,font les compagnes inséparables de la valeur &du courage,& qu’il y a peu de grands-Capitaines qui n’aient été adonnés à l’une & à Tautre; ceux, dis-je, qui tiennent de-•oareils discours, nous font allez connoìtre que les femmes, la lecture des romans «k.

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