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Tome quatrieme.
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LIVRE IIL C II A P. XVII 215

Quels Héros qu’un Sardanapale, qu’un Caligula, qu’un Néron, qu’un ïlélìogabale,-qu’un Vitellius; & une légion d’autres ! Après la conquête de l’Aíie, cette Rome fetrouva toute inondée de voluptueux & de damerets. Le mal étoit grand ; mais cefut bien pis lorsque ces gens-là entrèrent dans les armées: la contagion s’y mit,& peuh peu certe Capitale du monde alla a la décadence, & succomba à la fin. J1faut nécessairement que tout croule & que tout tombe dans un Etat, où régneî’amour des plaisirs-,, si les Princes ou leurs Ministres n’y apportent promtementremède..

§- H.

. Que k luxe efl la source de tous les vice ;, <ìf la cause de tous les mauxd'un Etai & du renverfment des Empires.

L A conquête de l’Afie, !e pillage de fesvilles les plus riches & les plus opulentes,& les trésors immenses des plus puissms Princes de cette partie du monde trans-portés à Rome, donnèrent en même rems entrée à tous les vices de ces nations vaincues.Cette frugalité fi vantée & si admirée dans lès Cicoiens s’évanouit comme une ombre,p.our faire place à un luxe si affreux, que je craindrais qu’on ne me traitât de conteurde sables, íì ce que je vais dire n’étoic attesté par un nombre infini d'Hiltoriens Grecs& Latins. On ne vit jamais une telle corruption dans les mœurs : elle monta à un teldegré & devint fi énorme,que ce qu’on nous conte des Sybarites les plus efféminés &ics plus débordés, n'en approche pas. Cette corruption fut plus tardive dans les ar-mées , à cause des guerres que. la République eut à soutenir dans les pais fort éloignésde Rome: la contagion eût gagné plutôt,íi l’expédition de l’Asic eût été moins faci-le, & fes peuples moins amollis & moins lâches. La paix fut bientôt faite,& les dé-lices du pais n’eurent pas le tems de faire un si grand progrès dans Tannée Romaine,que ceux de Capoue dans celle d’Ánnibal. La guerre contre les Grecs, plus difficile& plus épineuse, coupa court au ma! : il y avoir peu à gagner contre un peuple braveéc aguerri, ií falloir se contenter de la gloire de vaincre, qu’on achetoit toujours très-cher. La guerre d’Asie,qu’on nefaifoit que par intervalles, empêcha que les troupesne fussent sitôt corrompues, pendant que le luxe & tous les vices qui lui font cortège,Lisaient un progrès merveilleux dans Rome. Le Sénat ne fut pas exemt de cette con-tagion , elle y pénétra finis obstacle. Les en fans, à Texemple de leurs pères,. enchéri-rent encore fur eux, & Rome augmentant en puifiàncepar fes conquêtes, il falloir bienque ìa corruption des mœurs,les dissolutions les plus énormes, & l’amour des plaisirs,s’accrníîènt & montassent jusqu’a leur comble. L’Abbó de Vertus, dans son Histoiredes Révolutions de la République Romaine, nous donne une légère esquisse div luxedes Romains.

„ Après la conquête de l’Asie, dit-il, les Romains tombèrent dans une telle cor-„ ruption, qu’ils introduisirent dans leurs festins des chanteuses &.des baladines. Les„ jeunes gens en saifoient l’objec de leurs ridicules affections r ils fe frifoient comme„ elles;ils affectoient même d’imiter le l'on de leurs voix & leurs démarches lascives;„ ils ne furpastoient ces femmes perduës que par leur mollesse & leur lâcheté”: Ca-pillum frangere , & ad nudìerum Mandatas vocem extenuare , mollîte corp-ms ccrîarecumfeminìs & immundiffìmts fe excolere niunditiis mjìrorumadolescentiiauspecimen efl>„ Audi Jules César,qui connoissoit la délicatesse de cette jeunesse efféminée,ordonne.„ à fes soldats à la bataille de Pharsaie,au lieu de lances de loin. leurs javelots,de Les;