LIVRE VIIT. CHAP. n.
sont soumis toute la terre, quels obstacles en particulier ils ont rencon-tré dans le vaste dessein de conquérir tout, ce qui les a quelquefoisarrêtés «St en quels tems. On ne peut donc non plus fans cette Histoiregénérale bien concevoir la grandeur des actions, ni les forces d’un Gou-vernement. Car que les Romains se soient mis en marche pour subju-guer l’Espagne ou la Sicile, qu’ils aient fait la guerre fur terre «St furmer, ces entreprises, à ne les regarder qu’en elles-mêmes, ne font pasfort extraordinaires : mais quand on considère que toutes ces entrepri-ses «St beaucoup d’autres s’exécutoient en même tems par la même Puis-sance «Sc le même Gouvernement, «St qu’on joint à cela les malheurs «Scles guerres dont l’Italie même étoit en même tems accablée, c’est alorsque les faits fe développent à Fefprit , & que l’on y voit tout ce quimérite notre admiration. C’est ainsi qu’on les connoît comme ils doi-vent être connus. Cela soit dit contre ceux qui s’imaginent que la lec-ture des Histoires particulières suffit pour nous donner la connoissanced’une Histoire commune «Sc universelle.
CHAPITRE III.
Manus, Marcellus attaque avec une armée navale VAchradìne de Sy-racuse. Description de la fambuque. Inventions dlArcbiméde pourempêcher leffet des machines de Marcellus Çf d’Appìus.
L Orsque Marcellus attaqua'FAchradine dé Syracuse, fa Ilote étoitcomposée de soixante galères à cinq rangs de rames, qui é-toient pleines d’hommes armés d’arcs, de frondes & de dards pournettoier les murailles. 11 avoit encore huit galères k cinq rangs,d’un côté defquelles on avoit ôté les bancs, aux unes k droite, auxautres k gauche , & que l’on avoit jointes ensemble deux k deuxpar les cotés où il n’y avoit pas de bancs. C’étoient ces galères,-qui poussées par les rameurs de l’autre côté, approchoient des mu-railles ce qu’on appelle des fambuques, dont il faut expliquer laconstruction. C’est une échelle de la largeur de quatre pieds, la-quelle dressée est aussi haute que les murailles. De l’un & de l’au-tre côté de cette échelle régné une balustrade fur laquelle on étend*de grandes couvertures.- On la couche de son long sur les côtésdes deux galères jointes ensemble, de sorte qu’elle passe de beau-coup les éperons, & au haut des mâts de ces galères on met despoulies & des cordes. Quand on doit* les mettre en œuvre, on !attache les cordes k l’extrémité de la machine, «Sc des gens de des-sus la poupe l’élévent par le- moien des poulies: ■ d’autres fur Ha proue