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Tome sixieme.
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histoire de polybe,

í’ur le chemin: mais Philéméne & Nicon allèrent jufqu’aux portes dacamp. Saisis par les gardes ils furent conduits à Annibal fans dire nid’où ils étoient, ni qui ils étoient, mais seulement qu’ils vouloientpar-ler au Général. Quand ils lui eurent été présentés,ils lui dirent qu’ilsétoient bien aises de l’entrelenir fans témoins. Annibal ne demandantpas mieux, ils commencèrent par une longue apologie de leur condui-te «Sc de celle de leur patrie, «Sc finirent en chargeant les Romains dequantité d’accusations différentes, pour faire entendre h Annibal que cen’étoit pas fans raison qu’ils avoient pris le parti de les abandonner. CeGénéral après les avoir loués-de leur résolution «Sc leur avoir témoignébeaucoup d’amitié, les renvoia en leur ordonnant de revenir au plutôtlui parler une seconde fois de cette affaire. Et pour avoir le tems depenser mûrement k ce que ces jeunes gens lui avoient proposé ,& fairecroire aux Tarentins que ceux-ci étoient en effet sortis de la ville pourbutiner; il leur dit que quand ils feroient à une distance raisonnable ducamp, ils n’avoient qu’k pouffer devant eux les bestiaux qui paissoient& les hommes qui les gardoient, qu’ils ne craignissent pas d’etre pour-suivis , qu’il veilleroit k leur fureté.

Nicon suivit exactement les ordres qu’il avoit reçus, «Sc Annibal é-toit charmé de voir que l’occaíion fe fut enfin présentée de devenir maî-tre de Tarente. Philéméne poussoit encore l’aftaire avec plus de cha-leur, excité à cela tant par la sûreté avec laquelle il pouvoit parler kAnnibal & l’accueil que lui faifoit ce Général, que parce que la quanti-té de butin qu’il faifoit entrer dans la ville le mettoit hors de toutsoupçon. En effet comme il en amenoit assez «Sc pour les sacrifices, &pour régaler íès concitoiens,non feulement on le croioit de bonne foi,mais encore il excitoit beaucoup de gens à l’imiter.

Etant sortis pour la seconde fois, «Sc aiant tout fait de la même ma-niéré , ils donnèrent des assurances k Annibal «Sc en reçûrent de lui.Les conditions du Traité furent qu’il mettroit les Tarentins en liberté,qu’il n’exigeroit d’eux aucun tribut, qu’il ne leur impoferoit aucune loi,& que quand il feroit entré dans la ville, que le pillage des maisons,qu’y avoient les Romains, appartiendroit aux Carthaginois. 11s con-vinrent aussi avec Annibal d’un signal,pour être promptement recon-nus par la garde de son camp quand ils y viendroient de la ville. Parce moien ils avoient toute liberté de venir trouver Annibal aussi souventqu’ils vouloient, tantôt sous prétexte de butiner, «Sc tantôt pour allerk la chasse.

Après avoir pris ces mesures pour l’avenir, pendant que la plûpartdu parti épioient l’occaíion d’exécuter le projet, on envoioit Philé-méne k la chasse. Car comme il avoit une forte passion pour cet exer-cice, on s’imaginoit qu’il n’y en avoit point qu’il eût plus k cœur. C’ellpour cela qu’il fut chargé de fe concilier, en donnant de fa chasse, pre-