LIVRE IX. C H A P. II.
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CHAPITRE II.
Siège de Capouè' par les Romains après la bataille de Cannes, An *nìbal s'efforce en vain de le faire lever , & s'avance vers Ro-me. Comparaison (t Epaminondas avec Annibal ^ & des Lacédè -moniens avec les Romains.
A Nnibal aiant enveloppé le retranchement d’Appius, fit d’abordescarmoucher pour attirer les Romains à un combat. Appiusne donnant pas dans ce piège, il se fit là une espèce de siège. La ca-valerie courut par escadrons au camp, & y lança des traits avec degrands cris. L’ínfanterie tomba aussi dessus par bataillons, & sit effortpour ruiner le retranchement. Mais rien de tout cela ne fut capabled’ébranler les Romains, ni de leur faire quitter Pentreprise. Les armésà la légère repoussèrent ceux qui approchoient du retranchement, & lespesamment armés à couvert des traits fous leurs armes, restèrent tran-quillement dans leur rang fous leurs enseignes.
Le Général des Carthaginois, chagrin de ne pouvoir ni entrer dansla ville, ni en faire lever le siège, tint conseil fur ce qu’il y avoit à fai-re. Pour moi je ne suis pas surpris que ce siège ait donné de rembar-ras à Annibal, il en donne même à ceux qui en lisent Pliiítoire. Carn’est-il pas étonnant que ces Romains, qui a voient été défaits par lesCarthaginois jusqu’à n’oser plus se présenter devant eux, ne cèdent point& ne quittent pas la campagne? Comment se peut-il faire que ces trou-pes qui autrefois fuivoient le pied des montagnes, s’expofassent alorsen plaine & attaquassent la place d’Italie la plus illustre & la plus for-te , quoiqu’elles fussent entourées de ces ennemis, qu’ils craignoient au-paravant de regarder en face ?
Les Carthaginois, quoique toujours victorieux dans les combats,n’avoient quelquefois pas moins d’affaires que les vaincus. La raison -de la conduite des uns & des autres n’est pas ce me semble difficile àdécouvrir. Comme les Romains s’étoient apperçus qu 1 Annibal devoittoutes ses victoires à fa cavalerie; quand ils avoient été battus, ils fai-soient côtoier ce Général par les légions, qisils ne conduifoient que parle pied des montagnes, parce que là elles n’avoient rien à souffrir dela cavalerie des Carthaginois. Les uns & les autres dévoient aussi seconduire au siège de Capouë comme ils ont fait. Les Romains n’a-voient garde de sortir du camp pour combattre la cavalerie enne-mie: ssils restèrent dans leur camp, ce fut pour être à fabri de cettecavalerie formidable à laquelle ils ne pouvoient résister dms les batailles.D’un autre côté, quoique les Carthaginois n’eussent pi s, fans leur ca-