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Tome sixieme.
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LIVRE IX. C II A P. IV. ^

dance «Sc la beauté des tableaux «Sc des statues, mais dans la gra-vité des mœurs «Sc la noblesse des sentimens. Au reste, je souhaiteque les Conquérans à venir apprennent- de ces réflexions à ne pasdépouiller les villes qu’ils se soumettent , & à ne pas faire des calami-tés d’autrui l’ornement de leur patrie.

CHAPITRE IV.

Connoijsances nécessaires à un Général d'armée.

L Es affaires de la guerre ne doivent s’entreprendre qu’après beau-coup de réflexions. On peut n’en manquer aucune, lorlqu’on s’yconduit avec prudence. II y a deux sortes d’actions militaires. Lesunes se font à découvert «Sc par la force, les autres par finesse «Sc paroccasion. Celles-ci sont en beaucoup plus grand nombre que les autres.II ne saut que lire Phsstoire pour s’en convaincre. De celles qui se sontfaites par accasion, on en trouve beaucoup plus qui ont été manquées,que de celles qui ont eu un heureux succès. II est aisé den juger parles événemens. On conviendra encore que la plupart des fautes arri-vent par l’ignoranceou la négligence des Chefs. Vóions donc de quel-le maniéré on doit se conduire dan-s les actions de la guerre.

Ce qui se sait à la guerre sens but «Sc sens dessein, ne mérite pas lenomd’actions. Ce sont plutôt des accidents «Sc des hazards; choses dontnous ne parlerons point, parce qu’elies ne sont fondées fur aucune rai-son solide. 11 ne s’agit ici que des actions entreprises avec dessein. ‘Toute action demande un tems fixe & déterminé pour la commen-cer, un certain espece de tems pour la faire, un lieu, du secret, dessignaux marqués, des personnes par qui & avec qui elle se fasse, &une maniéré de la faire. Quiconque aura bien rencontré dans toutesces choses, ne manquera pas de réussir; mais somiffion d 1 une seule estcapable de faire échouer tout le projet. Car tel est le sort des entre-prises , une bagatelle, un rien peut les faire manquer, 6c toutes les me-sures ensemble suffisent à peine pour leur donner un heureux succès.C’est ce qui doit engager les Chefs à ne rien négliger dans ces sor-tes d’occaíìons.

La première «Sc la principale de toutes les précautions, c’est le secret.Que jamais ni la joie de quelque bon succès inespéré, ni la crainte, nila familiarité, ni l’affection, ne vous porte à vous ouvrir de votre dessein à des gens qui n’y doivent point avoir part ; que ceux - là seuls ensoient instruits, sens lesquels il n’est pas possible de l’exécuter. Encorene faut-il pas le leur communiquer d’abord, mais a mesure que le be-Tome VI. K soin