LIVRE IX. C II A P. VI. Si
Gonata? La mémoire en est encore toute récente. De leurtems on vitmettre des garnisons dans les villes 3 le gouvernement confié à des ty-rans , nulle ville ne fut exemte du nom odieux de servitude. Mais lais-sons tout cela, & revenons aux dernières actions d’Antigonus, de peurque quelques - uns de vous n’en pénétrant pas la finesse, ne s’imaginentque Ton en doit íçavoir gré aux Macédoniens. Ce seroit être trop sim-ple que de croire que ce fut pour sauver les Achéens qn’Antigonus pritles armes contre vous , ou qu’il eût en vue de mettre les Lacédémo-niens en liberté lorsqu’il souffrait fi impatiemment la tyrannie de Ciéo-méne. La crainte & la jalousie ont été les seuls motifs qui Pont faitagir, la crainte que fa puissance ne fut pas en fureté fi vous établissiezla vôtre dans le Péloponèse, & la jalousie que lui donnoient tant lesgrandes qualités de Cléoméne que l’éciat avec lequel la fortune vousfavorisoit. II vint donc non pour apporter du secours aux habitans duPéloponèse, mais pour ruiner vos espérances & rabaisser votre pou-voir. Ainsi vous ne devez pas tant aimer les Macédoniens de ce quemaîtres de votre ville ils ne Pont pas mise au pillage, que vous devezles haïr & les regarder comme ennemis, de cequ’ils vous ont déja plu-sieurs fois empêché de dominer fur la Gréce, lorsque vous étiez leplus en état de le faire. Je ne vous rappellerai pas les crimes dePhilippe. Les sacrilèges qu’il commit dans les Temples de Therraefont un exemple assez sensible de son impiété, & la perfidie avec la-quelle il viola le Traité fait avec les Messéniens fait voir ce que l’ondevoit attendre de fa cruauté. Car il n’y eut entre les Grecs que lesEtoliens qui osassent prendre contre Antipater la défense de ceux quiétoient injustement opprimés ; eux seuls résistèrent à Brennus & à lamultitude de barbares qui fous fa conduite saisissent irruption dans laGréce; eux seuls prirent les armes pour vous remettre fur les Grecsen possession de l'autorité qu’avoient euë vos ancêtres. Mais en voi-là assez fur ce sujet. Revenons à notre délibération. II est en quel-que forte nécessaire d’écrire & d’opiner comme si vous deviez faire laguerre. Mais ne croie z pourtant pas que vous aiez une guerre à faire.Loin que les Achéens, après les pertes qu’ils ont faites , soient enétat d’infester notre païs, je crois qu’ils auront assez de grâces à rendreaux Dieux, s’ils peuvent conserver le leur propre, lorsqu’ils se verrontattaqués tout à la fois parles Elie n s & les Messéniens vos alliés, &parnous autres Etoliens. D’ailleurs Philippe rabattra bien de fa fierté,îorsqu’attaqué par terre par les Etoliens il le fera en core du côté de la merpar les Romains & le Roi Attalus. De ce qui s’est déja fait il est aisé, de conjecturer ce qui se fera dans la fuite. Car si n’aiant en tête queles Etoliens, il n’a pû les réduire; pourra-t-il suffire contre tant d'en-nemis joints ensemble ? Toutes ces raisons doivent vous persuaderque quand vous ne feriez encore liés par aucun Traité, & queTome FL L vous