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Tome sixieme.
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II I S T O I R .E

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D E P 0 L Y B E,

CHAPITRE .VI.

Comment Scipion pendant m quartier cPhìver gagna les Espagnolsau peuple Romain. Edecon , Indibiìis £ 5 ? Mardonius Rois dansT Espagne. 11 faut plus d'babileîé Çf de prudence pour bien userde la ‘victoire que pour r vaincre. Réflexions de Rolybe fur ce su -jet. De quelle maniéré slsdrubal frère d'Jlnnìbas après avoirété vaincu par Scipion , sortit d'Espagne. Générosité de Scipion

m refusant 1e Roiaume d'Espagne que lui déséroient les peuples decette contrée.

E N 'Espagne Scipion étant en quartier d’hiver à Tarragone, com-me nous avons dit plus haut, commença par gagner au peupleRomain l’amitié des Espagnols en leur rendant les otages qu'il en avoitreçus. Edecon, un des Rois du pais, lui fut en cette occasion d'ungrand secours. Ce Prince, après la priíè de Carthage-la-neuve, volantfa femme & ses enfans au pouvoir de Scipion, & íè doutant bien queles Espagnols ne tarderoient pas à fe ranger au parti des Romains,forma le dessein d’être un des principaux auteurs de ce changement,porté à cela par l’efpérance de recouvrer fa famille, & de fe faire unmérite auprès du Consul d’avoir pris de bon gré les intérêts des Ro-mains fans attendre que la nécessité Ty contragnît. Le succès répon-dit à fes espérances. Dès que les armées eurent été distribuées dansleurs quartiers, il vint à Tarragone accompagné de quelques-uns de fesamis. 11 parle à Scipion & lui dit, qu'il rendoit grâces aux Dieux dece qu’il étoit le premier des Seigneurs du païs qui fût venu íe rendre àlui, que les autres ûla vérité tendoient les mains aux Romains, maisque malgré cela ils envoioient souvent des Ambassadeurs aux Cartha^ginois & entretenoient des correspondances avec eux ; que lui au con-traire non feulement venoic lui-même fe rendre, mais amenoit encorefes parens & fes amis; que íi le Consul vouloit bien le reconnoître pourami, & pour allié, il en tireroit de grands services, & à présent &dans la fuite: qu’à présent les Espagnols ne le verroient pas plutôt en-trer dans l’amitié du peuple Romain & obtenir ce qu’il demandoit,qu’ils imiteroient fur le champ son exemple, par le désir qu’ils avoientde recouvrer leurs parens & de fe joindre au parti des Romains : & quedans la fuite ces mêmes Espagnols gagnés par Fhonneur & Famitiéqu’on leur auroit faite, feroient toujours prêts à prendre les armespour l’aider dans tout ce qui lui restoit à exécuter : qu’il le prioitde lui remettre fa femme & fes enfans, de le compter au nombre

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