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cde fès amis, & en cette qualité de lui permettre de retourner dansson païs, jufqu’à ce que l’occasion íè présentât de montrer combien sesamis & lui avoient à cœur & ses intérêts & ceux des Romains.
Ce discours fini, Scipion qui depuis longtems étoit disposé à ceque lui conseilloit Edecon, & qui rouloit dans son esprit les mêmespensées.^ rendit à ce Prince fa femme & ses enfans,lia amitié, aveclui , & des conversations familières, se Pattacha par différens en-droits, & aiant fait concevoir de grandes espérances à tous les a-mis qu’il avoit amenés, il les renvoia dans leur païs. Le bruit decet événement s’étant bientôt répandu, tous les Espagnols d’en dé-ça de l’Ebre, qui auparavant ne vouloient pas de bien aux Romains,le jettérent dans leur parti d’un consentement unanime, comme Sci-pion l’avoit projetté. Après le départ d’Edecon, le Consul ne volantrien à craindre du côté de la mer, congédie son armée navale, il enretint cependant les plus beaux hommes & les plus propres au ser-vice pour en augmenter íès troupes de terre, & les distribua dans lescompagnies.
Dans ce tems-Ià îndibilis & Mandonius , deux des plus grandsSeigneurs d’Espagne , quoi ju’en apparence très attachés aux Car-thaginois, convoient cependant depuis long-tems le dellein de lesabandonner, & n’en cherchoient que foccaíìon, aigris de ce qu’Ás-drubal,. fous prétexte de s'a liure r de leur fidélité, leur avoit deman-dé en otage de grosses sommes d’argent, leurs femmes & leurs fil-les, comme nous Pavons déja rapporté. L’occasion leur paroissant a-lors favorable, ils font sortir leurs troupes du camp des Cartaginois,& se retirent de nuit dans ces endroits fortifiés, où leurs ennemis nepouvoient pas les insulter. Cette désertion sut suivie de celle de quan-tité d’autres Espagnols, qui déja rebutés de la hauteur à de la fier-té des Carthaginois, n’attendoient que ce moment pour faire voirqu’elles étoient leurs dispositions.
Ce rì’est pas le seul exemple que nous aions de pareille désertion.Nous Lavons déja dit plusieurs fois, il est beau de conduire une guerrede façon, qu’on remporte une pleine victoire fur fes ennemis; maisil faut encore plus d’habileté & de prudence pour bien user de la vic-toire. Beaucoup de gens fçavent bien se servir de cet avantage. LesCarthaginois ne sçurent que vaincre. Après avoir défait les arméesRomaines & tué les deux Consuls Publius & Caius Scipion, se flattantqu’on ne peuvoit plus leur disputer l’Espagne, ils n’eurent plus aucunménagement pour les peuples de cette contrée. Que leur en arriva-t-il?A u lieu d’arnis & d’aliiés ils en firent des ennemis. C’est un malheurqu’ils ne pouvoient éviter, pensant, comme ils faisoient, qu’on gagneles Empires d’une autre façon qu’on ne les garde, ils dévoient íçav-oirque la meilleure maniéré de les garder est de suivre constamment les
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