ourdit fait lui - même, lui qui étoic leur père. Indibilistémo'gnaqu’ilenétoit persuadé, se prosterna devant lui & lui donna le nom de Roi.Tous ceux qui étoient présens applaudirent k ce mot, mais Scipion lercjetta & se contenta de leur dire qu’ils ne craignissent rien, & qu’ilsrecevraient de la part des Romains toutes les marques d’amitié qu’ilspourraient souhaiter; & fur le champ il leur mit entre les mains leursfemmes & leurs filles. Le lendemain on fit un Traité, dans lequel onconvint qu’ils marcheraient fous les ordres des Officiers Romains, &qu’ils obéiraient k tout ce qui leur seroit commandé de leur part. En-suite ils retournèrent au camp des Carthaginois, où aiant pris ce qifilsavoient de troupes, ils revinrent k Scipion, joignirent leurs tentes auxsiennes, & marchèrent avec lui contre AsdrubaL
Ce Général des Carthaginois campoit alors dans la campagne de Cas-tulon vers la ville de Betule, assez près des mines d’argent qui sont là.Averti de rapproche des Romains, il s’alia poster dans un endroit, où•couvert paries derrières d’une bonne rivière, il avoit devant lui uneplaine, qui enfermée tout autour d’une colline, -a-voit assez de profon-deur pour y être k couvert, & assez d’étenduë pour y ranger une arméeen bataille. Aídrubal ne bougea de-là, le contentant de mettre fur lacolline des corps de garde avancés. D’abord en approchant facipion nesouhaitoit rien tant que de combattre: mais la situation a» antageuíè duposte des ennemis l’embarassoit. 11 surfit deux jours, après lesquelscraignant que Magon & Aídrubal fils de Geícon ne vinssent l’envelop-ptr de tous côtés, il le résolut d’hazarder quelque chose & de tenter unpeu l’ennemi. Aiant donc averti son armée de se tenir prête, il retientíes légions dans les retranchemens, il envoie les Veiites & quelque in-fanterie choisie pour insulter les quartiers établis fur la colline. Cet or-dre s’exécute avec vigueur. Le Général des Carthaginois attendoitd’a-bord l’événement fans se mouvoir: mais voiant íes gens pressés, il s’é-branle, •& plein de confiance en l’avantage de son poste, il range sonarmée fur le haut de la colline.
En même tems Scipion Lâche tous ses armés k la légére poursoutenir ceux qui avoient commencé l’attaque, puis partage ses trou-pes en deux corps égaux. 11 en donne un k Lselius, avec ordre degagner par derrière la colline qui étoit k la droite des ennemis, &lui il prend l’autre, fait le tour de la colline & vient fondre fur leurgauche. Ce fut alors qn’Asdrubal fit sortir tout de bon du camp tout-tes lès troupes, car juí'qu’alors il fe fioit tant fur son poste, qu’il necroioit pas que jamais les Romains osassent l’attaquer. Mais il s’y prittrop tard pour ranger son armée. Les Romains profitent de cette fau-te, tombent fur les pointes avant qu’elles enssent occupé leurs postes,& non seulement montent fans péril fur la colline, mais avançant pen-dant que les ennemis étoient encore en mouvement pour se ranger,
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