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n’avons rien oublié de ce que des vrais amis dévoient dire ou fairefur les conjonctures présentes, «Sc nous vous avons dit librement ceque nous pensions de l’avenir. 11 ne nous reste plus qu’a vous ex-horter & à vous prier de ne pas vous envier «Sc à vous-mêmes «Scà toute la Gréce la liberté & la vie.
Comme on se fut apperçu que cet Ambassadeur avoit fait quelqueimpression sur l’esprit de plusieurs, on fit entrer ceux de Philippe, quifans grand discours se contentèrent de dire qu’ils n’avoient reçu quedeux ordres de leur Maître, le premier d’accepter tout d’un coup lapaix de la part des Etoliens en cas qu’ils la proposassent; ou, s’ils refu-íbient de la faire,' de se retirer après avoir pris à témoins les Dieux &les Ambassadeurs de la Gréce là présent; que ce n’éto.it pas à Philippe,mais aux Etoliens qu’il faudrait imputer les malheurs que cette guerreattireroit à toute la Gréce. c
CHAPITRE III.
Sentiment de Thìlopcemen sur la façon des armes.
Bataille de Mantinèe.
C ’Etoit une maxime de Philopœmen , que l’éclat «Sc le brillantdes armes contnbuoit beaucoup à épouvanter les ennemis, <Scque l’on tiroit des armes d’autant plus de service qu’elles étoientmieux travaillées ; .qu’il seroit surtout avantageux que l’on transpor-tât aux armes le foin qu’on avoit d’être bien vêtu, & qu’au con-traire l’on fît aussi peu de cas de la propreté des habits qu’on enavoit fait jusqu'alors de la propreté des armes; que par-là on épar-gneroit de grands frais aux particuliers , «Sc qu’on seroit plus en étatde fournir aux besoins de l’Etat. 11 vouloit qu’un homme prêt àmarcher pour quelque expédition ou à suivre l’armée , prît gardeque ses bottines serrassent bien ses jambes & fussent plus brillantesque le reste de fa chaussure , «Sc que quand il prend le bouclier, lacuirasse & le casque, il fît attention que ces armes fussent plus pro-pres «Sc plus riches que son manteau «Sc sa tunique , parce qu’envoiant une armée où les choses qui servent à la pompe «Sc â l’os-tentation font plus recherchées que celles qui font d’usage, on pou-voit juger sûrement qu’à la première bataille qui se donnera elle se-roit défaite. Four tout dire en un mot, il sòuhaitoit que l’on fût per-suadé, que l’affectation de propreté en fait d’habits n’elì digne que d’u-ne femme, & d’une femme encore qui n’est pas fort sage, au lieu que letravail «Sc la beauté des armes marque dans un bon citoien le zélé «Sc laTome VI. R paf-