i 3 o HISTOIRE DE POLYBE,
passion qu ? il a de s’cmploier avec gloire à son propre bien & à ce'ui desa patrie.
11 n’y avoir personne de ses auditeurs qui n’applaudíc à ce discours& qui n’en admirât la sagesse, de sorte que l'on n’étoit pas plutôt sor-ti du Conseil, que l'on montroit a u doigt ceux que l’on voioit vêtusproprement, & qu’on en chassoit quelques-uns de la place publique.Mais c’étoit íurtout dans les expéditions & quand on se mettoit encampagne que l'on s’étudioit à observer ces judicieuses maximes. Tantune exhortation, faite à propos par un homme respectable, a de force,non seulement pour détourner les hommes du mal, mais encore pourles porter au bien, surtout quand fa vie.répond à ses paroles, car alorson ne peut presque pas ne point se rendre à ses conseils. C’étoit là lecaractère de Philopœmen, simple dans ses habits, frugal dans íës repas,nul foin de ce qui regardoit son corps, dans les conservations parlantpeu òc de maniéré à ne pouvoir être repris. 11 se sit une étude particu-lière toute sa vie de ne parler que vrai. Aussi ses moindres paroles é-toient toujours écoutées avec respect, & on n’héíitoit point à y ajouterloi. Et il n’avoit pas besoin de beaucoup de paroles pour persuader,fa conduite étant un modèle de tout ce que l’on devoit faire. Peu demots joints à l’autorité qu’i! s’étoit aquií'e & à la solidité de ses conseils,suffilòicnt pour refluer les longs discours que sa isolent souvent ceux quilui étoient opposés dans le gouvernement, quelque vraisemblables qu'ilsfuísent. . ...
L'assemhrée congédiée, tòus retournèrent dans leurs villes, pleinsd’adiniration pour tout ce qu’ils avoisnt entendu dire à Philopœmen,& persuadés que tant qu’il íèroit â la tête des affaires, il n’arriveroitrien de fâcheux à la République. . 11 partit aussi-tôt lui-même pour vi-siter les villes & donner ordre à tout. 11 assembla le peuple, lui mar-qua ce qu’il étoit à propos qu’il fît, & leva des troupes. Après avoirpassé près de huit mois aux préparatifs de la guerre, il assembla une ar-mée k Mantinée, pour y défendre contre Machanidas la liberté detout le Péloponèse.
Ce Tyran de Sparte, plein' de confiance en ses forces, ne fut nonplus ému de ce soulèvement des Achéens que s’il l’eût souhaité. Dèsqu’il eut appris qu’ils étoient à Mantinée, il sit à Tégée un discoursaux Lseédémoniens tel que la conjoncture présente le demandoit, &le lendemain à la pointe du jour il lê mit en marche à la pointe droitede la phalange, les étrangers soudoiés de Pun & de l’autre côté fur lamême ligne, & ensuite des chariots chargés de - catapultes «S c de traits.En même tems Philopœmen sit sortir de la ville son armée partagée entrois corps. Les lllyriens, les cuirassiers, les étrangers & les armés àla légère sortirent par la porte qui conduit au Temple de Neptune; laphalange par une autre qui regarde l’Cccident, & ia cavalerie de ia