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Tome sixieme.
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LIVRE XI. C H A P. III. iz;

ter ses étrangers, en appellant leurs Officiers chacun par leur nom &en les encourageant à faire ferme, voiant que l’épouvante étoit tropgrande, il ne s’épouvanta pas pour cela lui-même, il ne prit pas lafuite, il ne perdit pas espérance. Loin de là, il se mit à une aîle de saphalange , & dès .que l’ennemi à la queue des fuiards eut laissé lechamp de bataille vuide, il tourne fur la gauche avec les premièrescohortes, & courant en bon ordre vient se failli- du poste que Macha-nidas avoit abandonné. Par-là, outre qu’il coupoit le chemin au retourde ceux qui pourfuivoient, il débordoit l’aîle des ennemis de beau-coup. En cet état il exhorta fa phalange de ne rien craindre, & dedemeurer là jufqu’à ce que Tordre lui vînt de charger. 11 m’ordonnaaussi de rallier tout ce qu’il étoit resté d’fllyriens, de cuirassiers & d’é-trangers, & avec ces troupes de me poster derrière la pointe de laphalange pour arrêter l’ennemi au retour de la poursuite.

Alors les Lacédémoniens enflés de leurs premiers succès avancentvers les Achéens fans ordre & piques baissées. Quand ils furent fur lebord du fossé, soit qu’étant si proche des ennemis il ne fût plus temsde changer de résolution ; soit qu’un fossé dont la décente étoit aisée,fans eau pendant Tété & fans aucune haie, ne leur parût que méprisa-ble, ils lé jetteront dedans fans hésiter. A ce moment fatal aux Lacé-démoniens, &. auquel Philopœmen s’attendoit depuis longtems, onsonne la charge, on court fur eux avec des cris épouvantables. LesLacédémoniens, qui en décendant dans le fossé avoient rompu leursrangs, ne virent pas plutôt les ennemis au dessus d’eux, qu’ils prirentla fuite; mais il en resta un grand nombre dans le fossé, tué partiepar les Achéens, partie par leurs propres gens.

On feroit mal d’attribuer cet événément au haizard ou à l’occasion ;l’habileté du Général en a tout l’honneur. Car dès le commencementPhilopœmen s’étoit couvert du fossé, non pour éviter le combat, com-me quelques-uns fe l’imaginoient; mais parce qu’en homme judicienx& en grand Capitaine il avoit pensé en lui-même qui si Machanidasfaiíoit franchir le fossé à son armée fans savoir auparavant reconnu, ilarriveroit à fa légion ce qui lui est effectivement arrivé; ou que si ar-rêté par le fossé il cbangeoit de sentiment & rompoit par crainte sonordre de bataille, il feroit regardé comme le plus malhabile des hom-mes d’avoir, fans rien faire de mémorable, abandonné la victoire àson ennemi, & de n’avoir remporté d’une action que la honte d’uneentière défaite. Sottise ou bien d’autres sont déja tombés, qui aprèss’être rangés en bataille , ne fe croiant pas assez forts pour en ve-nir auz mains, soit à cause de l’avantage du poste qu’occupoient lesennemis soit à cause de leur nombre, ou pour d’autres raisons, ontrompu leur ordre , dans l’efpérance ou de vaincre à la faveur deleur arriéregarde, ou du moins de s’éloigner des ennemis fans dan-

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