i;4. HISTOIRE DE POLYBE,
gcr. II n’y a pas de faute plus grossière «Sc plus honteuse à un Général.
Pour Plnlopœmcn, tout ce qu’il avoit prévu, arrivages Lacédémo-niens s’enfuirent à vauderoute. Voiant ensuite sa phalange victorieuse& tout. lui réussir à souhait, il pensa au point décisif, c'est-à-dire à em-pêcher que le Tyran ne lui échappât. Sçachant donc qu’il étoit lui 6cíês étrangers fur le bord du fossé du côté de la ville où il s’étoit impru-demment engagé en poursuivant les fuiards, «Sc qu’on lui coupoit lechemin de son premier poste, il attendit qu’il revînt. Machanidas enrevenant s’apperçut que son armée fuioit, & sentant alors la faute qu’ilavoit laite «Sc que tout étoit perdu, il commanda k ce qu’il avoit dotroupes de serrer leurs rangs «Sc tenta de passer dans cet ordre au traversdes Achéens qui étoient répandus ça «Sc là en poursuivant. Quelques-unsde ses gens le suivirent d’abord, dans l’espérance que cet expédient lestireroit d’affaire. Mais quand en approchant ils virent les Achéens quigardoient le pont qui étoit fur le toisé, alors perdant courage ils s’é-conièrent, «Sc chacun chercha à se sauver du mieux qn’il pourroit.
Machanidas lui-même ne voiant pas de ressource par le pont, courtle long du fossé pour trouver quelque passage. Philopœmen le recon-noît à son mantaau de pourpre «Sc à l’équipage de son cheval, il quitteaussitôt Anaxidame, après lui avoir donné ordre de ne pas branler deson poste «Sc de ne faire quartier à aucun étranger, puisque c’étoit parleur moic-n que Sparte étendoit sa tyrannie «Sc prenant avec lui Polyé-ne&Simias, deux de ses amis, il passe de l’antre côté du fossé pourarrêter au passage le Tyran «Sc deux hommes qui le suivoient, Anaxi-dame «Sc un des étrangers. Machanidas aiant enfin rencontré un endroitou lc fossé etoit aisé à franchir, pique son cheval «Sc saute le fossé. Maisdans ce moment-là même Philopœmen lui lance fa javeline, puis l’a-chéve avec la hampe. Anaxidame fut aussi tué par les deux amis; letroisième, pendant qu’on tuoit les deux autres, désespérant de passerprit la fuite, bíniias dépouilla les deux morts, enleva les armes «Sc latête du Tyran, «Sc courut la montrer à ceux qui pouríuivoient, a finque la voiant ils ne pussent plus douter de son sort, «Sc poursuivissent?<.'■ ec plus d’ardviir les fuiards jusqu'à Tégée. Ce spectacle lit tout Peífetque l’on s’étoit proposé. Car ils entrèrent d’emblée dans cette ville, &clé- :e lendemain maîtres de la campagne ils campèrent fur le bord delTurotas. .Ainíi ce peuple, qui depuis longtems n’avoit pû chasser lesei nemis de son pais, fe vit alors en état de ravager fans craintetoute la Laconie. Cette bataille ne coûta pas beaucoup de mondeaux Achéens, mais les Lacédémoniens n’y perdirent pas moins dequatre mille hommes, fans compter les prisonniers, qui étoient en-core en plus grand nombre. Le bagage «Sc les armes tombèrentaussi entre les mains des Achéens.
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