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Tome sixieme.
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I3 s HISTOIRE DE P 0 L Y B E,

la cavalerie avec les armés à la légérc par la gauche. De forte que parcette évolution la cavalerie & les armés à la légére changèrent d’<ssle,& que Passe droite devint la gauche.

Ce mouvement n’étoit pourtant pas ce qu.i occupoit le plus Scipion,il fe mettoit bien plus en peine de déborder Pennemi. Et avec raison.Car ce n’eft point assez de sçavoir les mouvemens qui doivent fe faire,il en faut faire usage lorsque Poccafion s’en prefente. Dans cette mêléeles éléphans perses'de dards par la cavalerie & par les Vélites, & in-quiétés de tous côtés souffrirent beaucoup & nincommodérent pasmoins leurs amis que leurs ennemis. Car courant çà & là fans ordreils écrasaient tous ceux qui venoient à leur rencontre. Pour les ailesdes Carthaginois elles surent enfoncées fans pouvoir tirer aucun secoursdu centre où étoient les Africains, l’élite de leur armée. Car la crain-te que les Espagnols ne vinssent les attaquer les empêchoit de quit-ter leur poste pour secourir les ailes ; & ils ne pouvoient non plus- rien faire dans leur poste, parce que les Espagnols n’étoient pas as-sez près pour engager faction avec eux.

Les ailes fur qui rouloit toute la bataille fe battirent pendant quelquetems avec courage; mais la chaleur étant devenue fort grande, les Es-pagnols , qui avoient été obligés de sortir du camp fans avoir pris denourriture, étoient d’une foiblesse à ne pouvoir soutenir les armes, tan-dis que les Romains pleins de force & de vigueur avoient encore cetavantage fur eux, que par la prudence de leur Général ce qu’il y avoitde plus fort dans leur armée n’avoit eu affaire qu’à ce qu’il y avoit deplus foible dans celle des ennemis. Afdrubal se voiant pressé fe battitd’abord en retraite, mais peu après toute son armée s’enfuit & cou-rut au pied de la montagne. De là , comme les Romains la pour-suivoient à outrance, elle fuit en désordre jusques dans fes retranche-mens, d’où même elle auroit été bientôt chassée, si quelque Dieu nefût venu à son secours; Mais un orage s’étant élevé, il tomba unepluie si abondante & si continuelle, qu’a peine les Romains purent ga-gner leur camp.

C H A P I T R E VI.

Scipion réprime une sédition qui s'étoit forméeparmi jes soldats ..

QUoique Scipion fe fût acquis une assez grande expérience dans^ les affaires, cependant il fe trouva dans un très-grand em-barras, quand il fe vit abandonné, par une désertion, d’une partiede son armée. Et l’on ne doit point en être surpris. Car comme

en-