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de au col, en présence de mille personnes , à cette condition, quecelui des deux qui détourneroit à un mauvais sens Tintention duLégislateur , seroit étranglé devant toute rassemblée. Le jeune hom-me répondit a cela que la condition n’étoit pas égale, que le Cos-mopole aiant près de quatre vingt - dix ans n’avoit plus que deux outrois ans à vivre, au lieu que lui selon toutes les apparences avoit en-core à vivre beaucoup plus qu’il n’avoit vécu. Ce bon mot tournaFaffaire en plaisanterie, & les Juges décidèrent suivant l’avis du Cos-mopole.
CHAPITRE VI.
Contradìiïions où est tombé Callìjlhene en racontant desbatailles d'Alexandre contre Darius.
D isons en passant quelque chose de la bataille donnée en Cilicieentre Alexandre & Darius, bataille célébré, qui n’est pas fortéloignée du teins dont nous parlons, & ce qui est de principal , àlaquelle Callisthene se trou voir. Cet Historien raconte qu’Alexandreavoit déja passé les détroits & ce que Ton appelle dans la Cilicie lesPyles, & que Darius aiant pris fa route par les Pyles Amaniques étoitentré avec son armée dans la Cilicie, lorsque ce Prince averti par leshabitans du pa'ïs qu 1 Alexandre tournoit vers la Syrie, se mit à le sui-vre; qu’arrivé près des détroits il campa fur le Pyrame; que le postequ’il occupoit, n’avoit pas depuis la mer jusqu’au pied de la montagneplus de quatorze stades ; que le fleuve venant des montagnes entredes côtés escarpés traveríòit obliquement cet espace & alloit de là parune plaine se décharger dans la mer, coulant entre des hauteurs fortroides & inaccessibles.
Après cette discription il dit qu’Alexandre étant revenu sur ses paspour aller au-devant des ennemis, Darius & ses Officiers revoient ran-gé leur phalange en bataille dans le camp même qu’il avoit pris d’a-bord, qu’il s’étoit couvert du Pinare qui couloit proche du camp, qu’ilavoit rangé fa cavalerie fur le bord de la mer, auprès d’elle les étran-gers soudoiés le long du fleuve, L les Peltastes joignant le pied desmontagnes.
Mais comment ces troupes pouvoient - elles être postées devant laphalange, le fleuve passant auprès du camp? Cela n’est pas concevable,ces troupes étoient trop nombreuses. Car au rapport même de Cal-listhene il y avoit trente mille chevaux & autant d’étrangers sou-doies. Or il est aisé de sçavoir combien ce nombre de troupes devoir
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