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Tome sixieme.
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LIVRE XII. C H A P. VI. 15-5

occaper d’efpace. La cavalerie sê range pour l’ordinaire sur huit dehauteur «Sc c’est la meilleure méthode. Entre les turmes il faut laisserfur le front une distance raisonnable pour la commodité des différensmouvemens. Aussi un ssade ne peut contenir que huit cens chevaux; dixstades, huit mille; quatre stades, trois mille deux cens, de forte quedans quatorze stades il ne peut tenir que 11200 . chevaux. De plus pourloger dans ce terrain trente mille chevaux, il f’audroiten faire trois corpsles uns fur les autres fans intervalle. Et cela posé où étoient donc les é-trangers foudoiés? Derrière la cavalerie peut-être. Mais Callifthene nedit point cela, puisque selon lui au contraire les étrangers eurent affairedans le combat aux Macédoniens ; d’cù l'on doit nécessairement conclu-re que la moitié du terrain du côté de la mer étoit occupée par la cava-lerie, & l’autre moitié du coté des montagnes par les étranger s foudoiés.On peut encore juger de ià fur quelle hauteur étoit rangé la cavalerie& combien le fleuve étoit éloigné du camp.

11 dit ensuite que les Macédoniens s’étant avancés, Darius, qui étoitau centre de son armée, appella à lui les étrangers d’une des ailes. Ce-la ne paroît pas encore trop"aisé à comprendre. Car il falloit que la ca-valerie & les étrangers fussent joints ensemble au milieu de ce terrain,Or darius se trouvant là parmi les étrangers comment & pourquoi lesappelloit-il ? 11 ajoute que la cavalerie de l’âîle droite fondit fur Alexan-dre, «Sc que celui-ci soutint avec vigueur, qu’il vint aussi contre elle «Scque le combat fut vif & opiniâtré. Mais cet Historien a oublié qu'entreDarius «Sc Alexandre il y avoit un fleuve & un fleuve tel qu’il le décritun moment auparavant.

11 n’eff pas plus judicieux fur ce qui regarde Alexandre. Selon lui cePrince passa en Asie avec quarante mille hommes de pied, «Sc quatre mil-le cinq cens chevaux , «Sc pendant qu’il fe diipoíòit à entrer dans la Cili-cîe, il lui vint de Macédoine un renfort de cinq mille hommes d’infante-rie «Sc de huit cens de cavalerie. Otons de ce nombre trois mille fantas-sins «Sc trois cens chevaux pour différens usages, c’eff le plus qu’on puis-se détacher de l’armée pour cela, il lui restoit donc quarante deux millehommes de pié. Alexandre avec cette armée aiant passé les détroits, ap-prit que Darius étoit dans la Cilicie «Sc qu’il n’étoit éloigné de lui que decent stades. Aussi-tôt il rebrousse chemin, & repasse les détroits, laphalange faisant l’avantgarde, la cavalerie le corps de bataille & les é-quipages l’arrére-garde. Aussì-tôt qu’il fut dans la plaine il fòrmelapha-lange «Sc la mit fur trente-deux de profondeur, après avoir marché quel-que te m s fur soize; «Sc quand il fut près des ennemis, fur huit.

Or tout ce récit t st encore plus absurde que le précédent. Car enmarchant sur dix-huit de hauteur avec les intervalles ordinaires de sixpieds entre chaque rang, un stade tient seize cens hommes, par consé-quent dix stades en tiendront seize mille, «Sc vingt stades trente-deuxTome FL ~ X miP