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Tome sixieme.
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ï7* HISTOIRE DE POLYBE,

diesse de Scipion, & cela lui fit naître Penvie d’avoir une conférenceavec lui. 11 lui envoia un héraut pour lui dire qu’il seroit bien aise des’entretenir avec lui fur les affaires présentes. Scipion répondit qu’il levouîoit bien, & qu’il lui seroit dire le lieu & le tems qu’ils pou r r oientse voir. Le lendemain Maílinissa arriva amenant avec lui six mille hom-mes de pied & six mille chevaux. Scipion le reçut gracieusement, &le félicita de s’être soumis tout le Roiaume de Syphax ; puis se mettanten marche il alla camper vers Nadagare, dans un polie qui outre lesautres avantages n’étoit éloigné de Peau que d’un jet de trait. De láil envoia dire au Général des Carthaginois qu’il étole prêt à l’é-couter.

Annibal à cette nouvelle leva le camp, & Rapprochant jusqu’à en-viron trente stades des Romains, campa fur une hauteur qui lui pa-roiíToit fort avantageuse, à cela prés qu’elle étoit trop éloignée de Peau .,ce qui faisoit beaucoup souffrir ses troupes. Le jour d’après les deuxGénéraux sortent chacun de leur camp avec quelques cavaliers, qu’ilsfirent ensuite retirer. 11s Rapprochent l’un de l’autre, n’aiant avec euxque chacun un truchement. Annibal salué le premier, & commenceainsi : ,, Je voudrois de tout mon cœur que les Romains & les Car-„ thaginois n’eussent jamais pensé h étendre leurs conquêtes, ceux-là5 , au-delà de l’italie, ceux ci au-delà de l’Afrique, & qu’ils íè fussent„ renfermés les uns & les autres dans ces deux beaux Empires que la„ nature íèmbloit avoir elle-même séparés. Mais nous avons d’abord„ pris les armes pour la Sicile , nous nous sommes ensuite disputé la„ domination de PLspagne, enfin aveuglés par la fortune nous avons„ été jusqu’à nous faire la guerre chacun pour notre propre patrie, 6c„ c’est encore là que nous en sommes aujourd’hui. Appaisons enfin„ la colère des Dieux, si cela peut se faire; bannissons enfin de nos„ cœurs cette jalousie opiniâtre , qui nous a jusqu’à présent armés les„ uns contre les autres. Pour moi instruit par l’expérience combien la5 , fortune est inconstante, combien il faut pende chose pour tomber„ dans ía diigrace ou mériter íes faveurs, comme elle íe joué des„ hommes, je fuis très-disposé à la paix. Mais je crains fort, Scipion,3 , que vous ne soiez pas dans les mêmes fentimens. Vous êtes dans la„ fleur de votre âge, tout vous a réussi selon vos souhaits en Espagne■55 & en Afrique , rien jusqu’à présent n’a traversé le cours de„ vos prospérités; quelques fortes raisons dont je me serve pour vous„ porter à la paix, vous ne vous laisserez pas persuader. Cependant„ considérez je vous prie combien l’on doit peu compter fur la fortu-S) ne. Vous n’avez pas besoin pour cela de chercher des exemples dans3 , l’antiquité, jettez les yeux fur moi. je fuis cet Annibal, qui aprèss, l a bataille de Cannes, maître de presque toute l’ítalie, allai quel-§, ffus tems après à Rome même, & qui campé à quarante stades de

5 , cette