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Tome sixieme.
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cette ville délibérois déja ce que je ferois de vous & de votre Da-me. Et aujourdhui de retour en Afrique, me voilà obligé de trai-ter avec un Romain de mon salut «St de celui des Carthaginois Ouëcet exemple vous apprenne à ne vous pas enorgueillir, a penser quevous etes homme, & par conséquent à choisir toujours le plus granddes biens «St le plus petit des maux. Qui est l'homme semé qui vou-lut.s’expofer au péril qm vous menacer Quand vous remporteriez lavictoire, vous Rajouteriez pas beaucoup ni à votre gloire ni à cellede votre patrie, au lieu que íi vous êtes vaincu, vous perdez parvous-meme tout ce que vous avez jufqu’à présent aquis de gloire«St d honneur. Mais a quoi tend ce discours? A vous faire convenirde ces articles, que la Sicile, la Sardaigne «St l’Efpagne, qui ont faitci devant le sujet de nos guerres, demeureront aux Romains, quejamais les Carthaginois ne prendront contre eux les armes pour ces

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Roiaumes ; & que tout ce qu’il y a d’autres Isles entre Pltalie &l’Afrique appartiendront aussi aux Romains. II me semble que cesconditions , en mettant ses Carthaginois en fureté pour l’avenir ,vous font en même tems tròs-glorieufes à vous en particulier, &-à toute votre République. Ainíi parla Annibal.

Scipion répondit que ce n’étoient pas ses Romains, mais les Cartha-ginois, qui avoient été la cause de la guerre de Sicile «Sc de celle d’Esspagne, qu’Annibal lui-même le sçavoit très-bien, «Sc que les Dieux enavoient pensé ainíi, puisqu’ils avoient favorise non les Carthaginois,,qui avoient entrepris une guerre injuste, mais les Romains, qui n’a-voient fait que se défendre: que cependant ces succès ne lui faisoieíitpas perdre de vûe l’inconltance de la fortune & l’incertitude des cho-ses humaines. „ Mais, ajouta-t il, si, avant que les Romains passas-sent en Afrique, vous fussiez sorti de Pltalie «Sc eussiez proposé cesconditions, je ne crois pas qu’on eût refusé de les écouter. Aujour-d’hui que vous êtes venu d’italie malgré vous, & que.nous sommesen Afrique les maîtres de la campagne, les affaires ne sont plus furle même pied. Bien plus, quoique vos citoiens fussent vaincus, nousavons biens voulu à leur prière faire une efpéce de Traité avec eux.Nos articles ont été mis par écrit, lesquels, outre ceux que vousproposez, étoient que ses Carthaginois nous rendroient nos prison-niers fans rançon , qu’ils nous livreroient leurs vaisseaux pontés ,qu’ils nous paieroient cinq mille talens; «Sc qu’ils fourniroienc fur touccela des otages. Telles sont ses conditions dont nous étions conve-nus. Nous avons envoié à Rome les uns «Sc ses autres pour les faireratifier par le Sénat «Sc par le peuple, témoignant que nous les ap-prouvions, Sc les Carthaginois demandant avec instance qu’elles leurfussent accordées. Et âpres que ìe Sénat & le peuple Romain ontdonné leur consentement, les Carthaginois manquent k leur parole

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