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Tome sixieme.
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i 7 6 HISTOIRE DE P O L Y B E,'

„ & nous trompent. Que faire après cela? Mettez-vous en ma place„ & répondez. Faut-il les décharger de ce qu’il y a de plus rigoureux„ dans le Traité? Certes l’expédient leroit merveilleux pour leur ap-„ prendre à tromper dans la fuite ceux qui les auroient obligés. S’ils„ obtiennent ce qu’ils demandent, direz-vous, ils n’oublieront jamais„ un fi grand bienfait. Mais ce qu’ils nous ont demandé en supplians„ ils l'on t obtenu, & cependant fur la foible espérance que votre retour„ leur a fait concevoir, ils nous ont d’abord traités en ennemis. En,, un mot, 11 aux conditions qui vous ont été imposées on en ajoutoít„ quelque autre encore plus rigoureuse, en ce cas on pourroit porter„ une leçon de fois notre Traité devant le peuple Romain; mais puis-s , qu’au contraire vous retranchez de celles dont on étoit tombé d'ac-„ cord, il n’y a plus de rapport à lui en faire. A quoi tend aussi ce„ discours ? A vous faire entendre qu'il faut que vous vous rendiez„ vous & votre patrie à discrétion, ou qu’une bataille décide en votre5 , faveur. Ces discours finis fans rien conclure pour la paix , les deuxGénéraux se séparèrent.

Le lendemain dés le point d u jour on fit sortir les armées de leurscamps & l'on se disposa à combattre, les Carthaginois pour leur pro-pre salut & la conlervation de l'Asrique, les Romains pour s’aílûrerí’empire de l’univers. Qui en lisant avec réflexion ce que je vai racon-ter ne se sentira pénétré de compassion. Jamais nations plus belliqueu-ses, jamais Chefs plus habiles & plus exercés dans le métier de la guer*re n’étoient venus aux mains les uns contre les autres, jamais la for-tune n'avoit proposé de plus grands prix aux combattans. Car il neB’agiíToic ni de l’Asrique ni de l’Europe, le vainqueur devoit devenirmaître de toutes les autres parties du monde connu, comme il le de-vint en effet peu après, Voici de quelle maniéré Scipion rangea sestroupes en bataille. 11 mit à la première ligne les Haftaires, laissantdes intervalles entre ks cohortes ; à la seconde les frinces , postantleurs cohortes non vis-à-vis les espaces de la première ligne, commec’eft la coutume chez les Romains, mais les unes derriere les autresavec des intervalles entre elles, à cause du grand nombre d’éléphansqui ttoicn.t dans l’armée ennemie. Les Triaires formoient la réserve.Sur i’aîie gauche étoit C. Laeiiusavec la cavalerie d’italie,& fur la droiteM assimila avec ses Numides. 11 jetta dans les espaces de la premièreligne des Velites & leur donna ordre de commencer le combat, de ma-niéré pourtant que s’ils étoient poussés ou ne pou voient loutenir lechocde eiéj-hans, lisse retirassent, ceux qui courroient le mieux, derrièretoute i’armée par l.s intervalles directs, & ceux qui se verroient enve-loppé*, par !es espaces de traverse à droit & à gauche.

11 com ut ensuite dans tous les rangs pour animer en peu de mots sestroupes a bien faire leur devoir dans l’occaíìon présente : „ Qu’ils se

sou-

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